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TSF . TéVé. Journaux
 

Le vendredi 25 février 2011
 

Chère Ernestine
 

Tout comme vous, je fais les mots croisés du Canard Enchaîné. D'abord il faut que je vous dise que, moi je l'achète le Canard Enchaîné. Ce n'est pas bien de se contenter de le lire chez les voisins. Si tout le monde faisait comme vous, ils seraient payés combien les ouvriers ? Et les journalistes ? D'accord certains journalistes sont bien payés, mais surtout ceux de la télévision. Peut-être qu'ils ne sont pas des vrais journalistes.
Bon pour les mots croisés je trouve aussi les "S" et des fois les "ent". C'est seulement la semaine suivante que je peux remplir la grille. Cela fait mieux quand je passe mon journal aux voisins. Eux, ils ne l'achètent pas, mais je leur passe quand même parce que sans cela ils ne liraient que le Figaro. Moi personnellement, je leur prends le Figaro pour allumer le feu dans ma cheminée.
Pour les mots croisés, j'ai un problème parce que je ne comprends pas toutes les réponses. J'avais l'intention d 'écrire mais je n'aime pas trop qu'on sache que je ne suis pas astucieuse. Alors, comme au Canard, ils savent déjà que vous n'êtes pas très douée en mots croisés du Canard Enchaîné, c'est pas grave si c'est vous qui demandez de mettre des explications avec les solutions.
C'est tout !
J'espère que vos pieds sont moins gonglés depuis que vous avez quitté votre troglo. Moi je vis en Bretagne et les problèmes sont plutôt du côté de la hanche.
Augustine Leslagadec*

*1 Ce n'est pas mon vrai nom, il n'y pas de raison qu'il n'y ait que vous à prendre un pseudonyme
*2 Mon vrai nom est parait-il celui d'une très ancienne tribu gauloise belge, c'est vous dire !


Le 21 juin 1999

à Monsieur Michel Grégoire, Directeur de l’après-midi à France Inter
 

Monsieur Grégoire,

Vous vous souvenez peut-être que je vous avais engueulé pour avoir passé Bigeard dans le poste. Vous vous étiez excusé. c’était bien, souvent maintenant les jeunes font des conneries et ils s’excusent même pas. Je vous envoie le double que j’ai tapé pour les militaires d’Angers, je me suis un peu foutue d’eux mais je crois qu’ils vont pas s’en apercevoir. Comme vous avez pas l’air d’aimer les militaires je pense que ça vous plaira.
Je vous souhaite des bonnes vacances. Si vous allez dans votre pays de Bordeaux je vous verrai peut-être, je vais aller chez de la famille , c’est pas loin. La dernière fois que j’y suis allée j’ai trouvé au bourrier une machine à écrire toute bonne, j’ai plus besoin de demander à mon petit-fils de taper à l’ordinateur, comme ça j’écris ce que je veux et au moins y a pas de fautes.
Continuez à faire des bonnes émissions, on vous écoutera. Si vous pouviez passer plus de chanteurs morts, ça me ferait plaisir, ceux de maintenant j’y comprends rien,

Je vous embrasse,

Ernestine Chassebœuf 


Le 22 septembre 1999

à Télérama, Concours sans n


Cher Télérama,

Votre concours était pas facile, j’ai bien failli pas le faire, heureusement, j’ai retrouvé une vieille lettre que j’avais écrite au percepteur, et ça tombait juste comme c’était écrit dans le Télérama, alors je vous l’envoie. Si faut aller chercher le prix à Manosque, je pourrai pas y aller, vu que j’ai une réunion tupèrouère ce jour-là, j’espère que vous m’en voudrez pas.
Continuez à faire des concours, ça me change du scrabble,

Salutations d’ Ernestine Chassebœuf



Le 28 Octobre 1999

à Monsieur Jean Lucaisse,  Directeur de Paris- Inter


Monsieur Lucaisse,

Je tiens à vous signaler que depuis quelques temps je reçois mal votre chaîne. C’est surtout entre 11 heures et jusqu’à Bozon, c’est Europe 1 ou Luxembourg qui doivent avoir des émetteurs trop forts et on entend une dame Bocaulidi et d’ autres point fins, même Philippe Bouvard, comme si on y était, heureusement ça s’arrête toujours pour Bozon. On paie pas la redevance pour écouter ça. C’est sûrement votre émetteur de la Tour Eiffel qu’est pas assez puissant, parce que Bozon quand il parle depuis la campagne, ça passe.

Faites pour le mieux, je vous souhaite bon courage et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf, Veuve.


Le 27 Octobre 1999

à Madame la Directrice de France Culture


Madame Laura Delaire,

Comme j’ai lu dans le Télérama que vous vouliez faire du populaire, je me force à écouter votre chaîne tous les après-midi, sauf le lundi parce que je vais jouer au scrabble au club des cheveux bleus. Je trouve que votre poste c’est des fois intéressant, mais la musique c’est pas fameux. Faudrait que vous fassiez le disque des auditeurs, ça c’était bien. Si des fois vous le faites, j’aimerais que vous me trouviez un morceau qui passait quand j’étais jeune sur le piano mécanique au bistrot à Saumur. C’est Mapple Lifrague, je garantis pas l’orthographe, comme on a pas droit à mettre des mots anglais au scrabble, j’y connais rien. Vous pouvez me passer aussi Avec son tralala . C’est chanté par Suzy Delaire , c’est pas de la famille à vous ?

Je vous adresse mes remerciements distingués et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Veuve Chassebœuf


Le 25 février 2000

à Monsieur Alain Rémond, à Télérama 
 

Monsieur Rémond,
 
Je vous ai fait faire une copie de la lettre que j’ai envoyée à Monsieur Gaumont. J’en profite pour vous dire qu’on m’a offert votre livre et que je l’ai trouvé intéressant. Vous parlez très bien des petites gens comme nous. Tout le monde me dit de vous l’envoyer pour le faire dédicacer, mais comme ça va encore coûter des timbres, sans compter les grèves de facteurs, faites-moi plutôt une dédicace sur du papier collant, je la collerai au début du livre.
 Je vous embrasse d’avance et j’espère que ma lettre vous trouvera de même, pour les formules de politesse je sais jamais quoi mettre,
 
Ernestine Chassebœuf


Le 14 mai deux mille

Madame Nicole G., à Quimper
 

Chère madame,

C'est Jean Lebrun qui m'a donné votre adresse par téléphone, voilà maintenant qu'il veut que je réponde à ses lettres aussi, je me demande s'il profite pas un peu de ce que j'aime bien faire du courrier. C'est vrai que dans nos campagnes et avec le temps qu'on a, on sait pas quoi faire d'autre. J'ai su que vous suiviez ma carrière littéraire depuis les lettres dans le Télérama, mais je pourrai jamais aller chez Delarue, il doit être fâché après moi depuis que je l'avais étrillé l'année dernière ni chez Hardisson, c'est un royaliste et c'est eux qu'ont tué l'ancêtre de mon mari au Pont-Barré en 1793, alors pas question.
Je vous remercie d'écouter mes lettres, et j'espère que cette missive vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf
 

P.S : J'ai mis missive pour pas faire une répétition avec lettre, tant pis si ça fait un peu snob. J'ai mis ma vraie adresse, le facteur me connaît.


Le 30 mai an deux mille


Joséphine Massebœuf *, 49320 Coutures à M. Masure, à France-Inter
 

Monsieur,
 
Ça fait plusieurs fois que je vous prends en flagrant délit de dire des bêtises. Mais aujourd'hui c'est le pompon, quand on pense que vous nous avez raconté les informations pendant des années et qu'on s'aperçoit maintenant que vous savez même pas lire les chiffres des sondages. C'est à propos de l'histoire que vous avez racontée sur ceux qu'ont couché avec qui et si oui, à quel endroit : je vous fais un exemple. Vous êtes sur une île déserte tout seul avec 100 femmes, vous couchez avec les 50 plus belles pour commencer, sur la banquette arrière de l'ascenseur. On frappe à la porte : c'est pour un sondage : 100 pour cent des hommes ont couché avec une femme dans l'ascenseur, mais seulement 50 pour cent des femmes l'ont fait, puisque les autres, elles attendent leur tour. Alors qu'est-ce que vous dites de ça ?
Moi c'était pas dans l'ascenseur, en 32, c'était sur l'échelle en ramassant les cerises, depuis cette année-là, quand je vois les cerises qui mûrissent à la saison, j'ai des crampes dans les mollets mais j'espère que pour vous tout va comme vous voulez,
 
Joséphine Massebœuf
 
P.S : Vous pouvez me répondre par lettre, le facteur connaît mon adresse.

* Masure s'était trompé sur son nom précédemment


Le 9 novembre an deux mille

à M. Louis Bozon, jeu des mille francs
 

Cher Monsieur Bozon,
 
Rassurez-vous, c'est pas pour des questions que je vous écris cette fois-ci, je vous en envoie plus vu que vous prenez que celles des internettes, moi j'en ai pas et c'est tant mieux, il paraît que les jeunes ça les rend sourds. Non si j'écris, c'est juste pour corriger une petite erreur que j'ai entendue en arrivant du jardin , c'était juste la réponse du banco: céléri : fer. C'est pas dans le céléri qu'il y a du fer, c'est dans les épinards, donc c'était épinards-fer la réponse. Mais je vous le dis juste pour une prochaine fois, faut pas aller redemander les cinq cent mille du superbanco, les candidats seraient trop déçus.
Voilà c'est tout ce que j'avais à vous dire, je vous remercie pour tout ce que vous faites pour les jeux des mille francs, même si ça vous fait beaucoup de déplacements pour pas grand chose, et j'espère que ma lettre vous trouvera de même

Ernestine Chassebœuf


Le 15 novembre an deux mille

à M. Carlier, Opération du sauvetage Sevran
 

Cher monsieur,

Je vous en veux pas trop d'avoir oublié de parler du livre que je vous avais envoyé exprès pour ça, La brouette et les deux orphelines. Si ça vous intéresse pas, vous pouvez l'envoyer directement à radio Luxembourg, ça m'évitera de lui faire refaire le voyage jusqu'ici vu que le Luxembourg c'est plus près de chez vous que de chez moi. Pareil pour Masure, si vous pouvez lui faire la commission d'envoyer le sien à Pivot, ça m'évitera des frais de timbre inutiles.
Pour la question sur Sevran, moi je suis pour qu'il reste travailler à la télé. Il est très bien là-bas, y'en a beaucoup qui l'aiment bien, j'en connais au moins trois, rien qu'ici. Moi je l'aime pas trop, il paraît que c'est parce que j'ai pas la couleur, mais de toutes façons je lui veux pas de mal, et ça serait pas bien qu'à son âge il soit obligé de faire les parkings de supérettes, surtout avec la couche d'ozone qui se met à nous jouer des tours, on se prépare un hiver terrible, alors qu'il reste bien au chaud sous ses speuttes, il sera mieux.
Donc mettez mon nom sur le soutien, je commence à être un peu connue, ça peut aider, pensez bien à mon livre et j'espère que ma lettre vous trouvera de même

Ernestine Chassebœuf


Le 17 juillet an deux mille et un

à Monsieur Carlier, le midi à France Inter

 

Monsieur Carlier,

Je vous ai dejà écrit, vous allez reconnaître mon écriture, vous avez même lu un bout de lettre au poste, une fois. Bozon, lui, il fait le mort, jamais il passe mes questions. Je vous recopie une lettre que j’ai envoyée en 99, il a toujours pas encore passé une seule question. Alors si vous voulez en profiter pour les poser à quelqu’un pendant qu’il est pas là, c’est avec plaisir, et tant pis pour les sous, depuis le temps j’en ai fait mon deuil. En plus j’ai trouvé une radio grandes ondes au vide-grenier de Coutures, ça m’a coûté que 20 francs, mais quand faut changer les piles en faut 8 grosses à 15 francs, ça me coûte 120 francs, heureusement bientôt avec les euros ça fera moins.

Donc voilà, j’attends que ça passe, je compte sur vous et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 2 mai 2002

à Télérama


Monsieur Daubert,

J’ai entendu à la radio que Jospin savait plus quoi faire avec toutes ses affiches qui serviront plus à rien. C’est vrai que s’il veut se présenter dans cinq ans la photo sera plus assez ressemblante à cause des rides qui arrivent vite, surtout quand on a des soucis. Mais c’est quand même dommage d’avoir abattu des arbres pour fabriquer le papier et maintenant de gaspiller tout ça. Pendant la guerre, quand on avait plus de chambres à air pour les vélos, j’avais rempli mes pneus avec des vieilles affiches de Léon Blum, ça roulait mal, mais faute de mieux on faisait aller.
Comme c’est pas sûr qu’on ait la guerre, pour les affiches de Jospin, j’ai eu une meilleure idée : comme derrière c’est des grandes feuilles blanches, si on les distribuait aux enfants des écoles, aux clubs du troisième âge, aux artistes, aux écoles d’art, à tous ceux qui en veulent, on pourrait y faire des grandes peintures ou écrire des poèmes et on ferait des expositions dans toute la France, dans les salles des fêtes ou dans la rue pour le jour des élections au mois de juin, qu’est-ce que vous en pensez ? Parlez-en dans votre journal, si vous trouvez pas que c’est une bonne idée, moi je pense que c’en est une et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 23 mai an deux mille et trois

à Albert Algoud


Mon cher Albert,

Si ça fait aussi longtemps que je vous ai pas donné de mes nouvelles, c’est parce que ça allait bien et que j’avais pas besoin de vous. Je vous entends plus sur mon poste et je vous vois plus à la télé , on m’a dit que vous étiez parti travailler sur une autre radio qu’on écoute pas à cause de la réclame et des chansons débiles mais j’espère que vous reviendrez sur Paris Inter avant que je parte les pieds devant.
On n’a toujours pas notre rue Jean-Pierre Brisset à Angers mais faut pas désespérer. Ils disaient qu’il y avait pas de rue disponible, mais ça les a pas empêchés de faire une place Michel Debré.

Je vous envoie le recueil qu’ils ont fait de mes lettres, vous en connaissez déjà quelques-unes mais je vous souhaite quand même une bonne lecture, et j’espère comme d’habitude que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  23 mai an deux mille et trois

à  Monsieur Cavanna 

 

Cher  Monsieur,

Vous avez eu la gentillesse de parler de mon premier livre dans votre journal, c’est pour ça que je vous envoie le deuxième. On n’a pas trop de raisons de se marrer avec toutes les saloperies qu’on nous prépare, alors profitons-en un peu.

Depuis le temps que je lis votre prose, c’est bien normal que vous lisiez la mienne  et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

               Ernestine Chassebœuf


Le 26 mai an deux mille et trois

à Monsieur Jean-Luc Hess
 

Cher Monsieur,

Comme je vous ai déjà écrit et que la lettre est dans mon livre, c’est bien normal que je vous l’envoie, le livre. J’espère que vous en ferez bon usage.
J’en profite encore pour râler, comme c’est l’éditeur qui envoie le paquet, ça m’économisera un timbre. C’est encore à propos des informations. Le matin Paoli, c’est pas trop mal, mais dans les petits bulletins de la journée, c’est plein de nouvelles qu’intéressent personne comme les cours de la bourse, les résultats du loto et des courses ou un facteur qu’a mordu un chien au Venezuela ou d’autres choses du genre, c’est juste un exemple. C’est gênant parce que ça me fait tourner le bouton et quand je pense à retourner chez vous j’ai raté un grand bout de Mermet .

Faut quand même vous rappeler qu’il y a des gens qui écoutent, et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 26 mai an deux mille et trois

à Monsieur Michel Polac, de Charlie Hebdo et France Inter


Cher Monsieur,

Je sais bien qu’il y a comme un contentieux entre nous, mais n’ayez crainte, il n’est pas question de nos rapports présumés dans ce volume, ce sera juste dans le prochain. Vous ne parlerez sûrement pas de mon livre dans votre journal pour éviter les commérages, Jean-Paul Sartre faisait pareil avec Simone Signoret paraît-il, mais tant pis je vous l’envoie quand même. La plupart des livres que vous recevez ont l’air de vous emmerder, alors si j’ai réussi à vous arracher un sourire faites-le moi savoir, moi ça me fait rire, surtout les dessins et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 26 mai an deux mille et trois

à Alain Rémond
 

Cher Monsieur,

J’ai appris que vous aviez trouvé un nouveau travail au journal Marianne, c’est dommage que vous ne fassiez pas la rubrique des livres, je vous aurais demandé de me pistonner, les petits livres comme ça sont pas faciles à vendre quand on est pas une star du loft. Si vous connaissez quelqu’un qui peut en parler, dites-le moi, on lui en fera envoyer un. C’est des vieilles lettres d’avant l’affaire des bibliothèques, quand vous étiez à Télérama. Je voudrais pas remuer le couteau dans la plaie, mais je crois qu’à Télérama ils vous méritaient pas. A Marianne non plus d’ailleurs.

Ici tout va bien, la santé est bonne, les cerises sont mûres mais les étourneaux et les merles s’y mettent, faut que je retourne monter la garde et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 17 juin an deux mille et trois

à M.  le Directeur de Fr3 Anjou - Mayenne
 

Monsieur le Directeur,

Je vous félicite pour votre reportage d’hier soir sur les deux corbeaux malfaisants. Je l’ai vu par hasard chez la voisine comme je le raconte dans la lettre à Monsieur le Maire dont copie ci-jointe. C’était trop court , on aurait aimé en savoir plus. Pouvez-vous me dire si c’est une série que vous voulez continuer ou s’il n’y avait qu’un épisode, parce que si ça continue je crois que je vais accepter la vieille télé que les voisins veulent m’offrir. J’adore les feuilletons sur les animaux, surtout quand c’est du vécu. En plus sur votre chaîne vous les passez 2 ou 3 fois de suite de peur qu’on ait pas bien compris. Alors comme ça il y aurait des bandes de deux oiseaux qui traverseraient la région pour nuire aux maisons et aux voitures ? J’en reviens pas. Si on vérifie que c’est bien les mêmes que ceux qui passent chez moi, j’espère que vous viendrez me filmer à Coutures, surtout qu’en plus ils viennent de faire un livre avec mes lettres, ça ferait d’une pierre deux coups. Mais dites-le moi à l’avance que je prenne un rendez-vous chez Patricia pour la mise en plis,

Voilà, je vous remercie encore pour vos reportages instructifs et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Clic !

Le  6 septembre an deux mille et trois

à  Monsieur James T. , ancien libraire

 

Cher  Monsieur,

 Je me souviens très bien de vous, excusez-moi si j’ai été un peu longue à répondre mais j’avais les conserves et quelques pots de confitures à faire avant que ça se perde. Je suis très contente que vous écriviez un mot sur mes lettres dans votre revue. Je vais dire à l’éditeur Ginkgo qu’il vous en envoie un exemplaire. Vous l’offrirez à qui vous voulez puisque vous en avez déjà un. Vous parlez de la situation de la librairie qui n’est pas très brillante, ici à Coutures ça s’améliore. Avant il n’y avait pas de livres du tout, maintenant il y en a un à vendre et en plus j’ai la chance que ça soit le mien. La buraliste en a vendu une centaine, elle en revient pas. Pour le prêt payant on peut dire que c’est gagné puisque les lecteurs ne paieront pas les cent sous. L’argent pour les auteurs sera pris ailleurs mais pas sur les impôts puisqu’on les baisse, il paraît, sauf la cote mobilière qui augmente.

Je montrerai votre lettre à Jules  Mougin, ça lui remontera le moral. Je n’irai pas au  Mans mais l’éditeur Gingko y sera et mon voisin y passera, c’est un ami à Jules aussi. Merci encore de votre lettre, tiens voilà la pluie, et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,  

Ernestine


Le 26 septembre an deux mille et trois

à M. le Directeur du journal Fakir
 

Monsieur,

On m’a dit que vous alliez passer au tribunal pour avoir écrit je ne sais pas trop quoi mais je vous soutiens quand même en tant que collègue. Si on peut plus râler je me demande bien ce qui nous restera. En échange si vous voulez me soutenir aussi, ça me ferait plaisir d’avoir un mot dans votre journal. J’en ai déjà eu dans plusieurs et je fais la collection des articles de journaux. J’ai Télérama, le Courrier de l’Ouest, La feuille de Villeneuve sur Lot et même La lettre à Lulu ,de Nantes, que vous connaissez peut-être.
J’espère que votre procès vous coûtera pas trop cher. Avec la justice on sait pas trop ce qui peut arriver et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 8 mars 2005

Chère Madame,

J'ai compris que vous aimiez envoyer des lettres et en recevoir, aussi je me décide à vous écrire. Hier soir nous avons éteint la télé et nous avons lu votre livre  Ernestine écrit partout. Nous avons beaucoup ri, à haute voix vos lettres avaient encore plus de saveur. Cela me rappelait les veillées de mon enfance où chacun y allait de sa petite histoire. Bref, grâce à votre livre, nous avons passé une bonne soirée. Un grain de folie, un bon sens implacable grignotent peu à peu toutes les convictions que l'on nous assène, chaque jour, au travers des médias pour nous faire consommer des trucs impossibles. Alors continuez à user de votre humour pour dénoncer ce que nous avons tendance à accepter sans broncher. Par exemple, le croisement près de l'église de Beaulieu, je le trouve bizarre comme vous, mais je n'ai rien dit.

Bravo, continuez, nous serons vos prochains lecteurs pour des veillées bien plus drôles que la télé.

Je vous embrasse.

Monique  T.



France-culture : Emission Pot au feu
Lettres adressées aux invités de Jean Lebrun en 2000

A Monsieur Jean Lebrun
 

Monsieur Lebrun,
 
Comme j'ai entendu que votre émission serait en Bretagne, je vous écris pour vous dire de faire bien attention. Des Bretons j'en ai connus : quand ils avaient pas de boulot chez eux, ils venaient ici faire les vendanges à la saison, c'était des durs et pour la nourriture et la boisson, fallait pas faire que leur en promettre . On s'est aussi bagarrés avec ceux de Saint-Pol-de-Léon, parce qu'ils voulaient pas qu'on cultive des artichauts , comme quoi les artichauts ça serait que breton. Y en avait aussi beaucoup qui travaillaient dans les ardoises, à Trélazé. Ils avaient fait un Bagdad pour jouer leur musique dans les fêtes, mais pour nous c'est trop oriental, surtout le biniou. C'est peut-être pas une si mauvaise idée qu'ils fassent une autonomie, ils garderaient leur musique, leurs cochons au nitrate et leurs marées noires, mais quand ils traceront leurs frontières, dites-leur qu'ils nous en laissent un bout sous la Loire, pas question de passer la douane pour aller aux moules à Saint-Michel-Chef-Chef !
Donc méfiez-vous, la radio en bon français, comme on parle nous, ils aiment pas ça. Je me rappelle, y a pas si longtemps, ils ont fait exploser des télés juste parce qu'elles parlaient pas en patois, alors si jamais ils oublient leur sac ou s'ils vous laissent un cadeau trop lourd, grande méfiance… on est jamais trop prudent, maintenant que j'ai trouvé quelqu'un qui fait lire mes lettres, j'aimerais pas le perdre trop vite.

Et c'est pareil pour le Mont-Saint-Michel, si vous allez vous tremper les pieds, méfiez-vous de la marée, il paraît que c'est comme un cheval au galop, et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

Préparée pour l'émission du 5 mai, Etonnants voyageurs à St Malo. Pas passée pour des raisons techniques.


A Monsieur Renaud Camus, Ecrivain
 

Monsieur,
 
Je vous écris à cause de cette histoire de location des livres. On en parle dans le journal et même à la télé. Moi je suis pas d’accord. Je sais pas si vous avez signé pour que je donne cent sous quand on me prête un livre à la bibliothèque, mais moi mes deux orphelines je le prête à toutes les vieilles du club des cheveux bleus, et j’ai jamais rien demandé à personne, j’aurais honte. Avant on avait la "Bibliothèque pour Tous" , c’était de la paroisse, fallait payer pour avoir les livres , maintenant qu'on a les bibliobus qui viennent jusqu'ici, on a tout ce qu'on veut gratuit. Si ça devient payant j'irai plus, j'irai dans les vide-greniers ou à la Brocante tous les mois à Saint-Rémy, pour 5 francs on peut acheter un livre, c'est pas du neuf mais on peut le lire autant de fois qu'on veut puisqu'il est à nous. Si y'avait pas eu le bibliobus, j'aurai jamais lu "la peste", et vous auriez perdu une cliente. Alors faites ce qui faut et si vous avez déjà signé vous avez qu'à dire qu'on a imité votre écriture, vous seriez pas le premier. Quand on y pense, votre nom c'est marrant, ici à Coutures c'est le pays des artichauts et ce qu'on appelle des Camus, c'est les gros, les bretons. Si des fois vous me répondez, pensez à me dire si vous êtes breton, ça m'intéresse.
 
Maintenant, je vous laisse, j'ai encore du courrier à faire et j'espère que ma lettre vous trouvera de même.
 
Ernestine Chassebœuf
 
Devait passer vers le 20 avril, émission annulée pour cause de propos antisémites contre France-culture dans son journal, livre retiré de la vente.


A Monsieur Lebrun,  au Pot-au-feu de France Culture
 

Monsieur Lebrun,

Maintenant, je sais que vous lisez mes lettres. C'est des amis qui m'ont téléphoné pour m'avertir mais c'était trop tard, j'écoutais Algoud sur Inter à cause de mon antenne qu'était démontée, j'ai pas pu vous entendre. Faut que je vous explique que comme j'habite dans un troglodyte, j'entends mal votre radio. Heureusement j'ai mon jardin au-dessus de chez moi à la place du grenier, alors j' ai passé une antenne en fil de cuivre par la cheminée, et pour pas qu'elle traîne par terre, au jardin, je l'ai entourée autour de mes piquets à tomates, le cuivre c'est bon contre le mildiou. Et ça, je peux le conseiller à tout le monde, faites comme moi : depuis que j'écoute France-Culture, j'ai plus la maladie sur mes tomates. Mais là comme j'avais bêché le jardin pour mettre un peu de batavia, il est grand temps avec le printemps pourri qu'on a, j'avais roulé mon fil d'antenne, alors le temps que je monte au jardin et que je le déroule, ma lettre était finie, mais c'est pas grave, j'ai gardé le brouillon, alors je sais de quoi ça parle.
Comme j'ai su que vous seriez à la Foire de Paris, là ou y'a toutes sortes d'inventions pour simplifier la vie, c'est pour ça que je vous écris. Il y a deux choses qui me feraient plaisir, mais je vous rembourserai, ayez pas peur. La première je l'avais vue à la télé mais ça fait longtemps, c'est le TIRE-BOUCHONS-SANS-LES-MAINS, la deuxième chose que je voudrais, c'est des poignées en caoutchouc. Pour les brouettes en bois on en trouve pas par ici, et comme j'ai un kilomètre pour aller faire les commissions dans le bourg, ça me fout des ampoules aux mains, surtout au retour.
 
Alors ça serait bien si vous pouviez me trouver ces deux affaires-là et j'espère que cette lettre vous trouvera de même.

Ernestine Chassebœuf

Passée le 4 mai


A Monsieur Lebrun, au Pot-au-feu de France Culture
 

Monsieur Lebrun,
 
 Puisque maintenant je donne mon avis sur tout et qu'on m'écoute à la radio, je vais en profiter pour vous dire ce que j'en pense, des référendums. Je me rappelle, c'est le Général de Gaulle, qu'a inventé ça. Il y en a peut-être eu avant, mais j'étais pas née et de toutes façons, les femmes elles votaient pas. A l'époque ça s'appelait le suffrage universel quand même, mais que pour les hommes. Le Général, quand il est parti à Londres en 40, il était tout seul à avoir raison, alors en 44 quand il est revenu, il a fait des référendums pour savoir s'il y avait plus de monde de son côté. Déjà il a fait voter les femmes, c'était bien normal puisqu'on avait gardé la ferme pendant que le mari était prisonnier. Mais là où il s'est trompé c'est en 68 ou 69, les français ils ont répondu NON, alors comme De Gaulle il était assez orgueilleux comme général, il a préféré prendre sa retraite à Colombey. Ce qui me paraît bizarre, à la réflexion, c'est de penser que c'est la majorité qui doit décider. Moi au club, quand on vote, je suis souvent toute seule de mon avis et pourtant je suis bien sûre d'avoir raison ! C'est comme Galilée, il était tout seul, lui aussi, de son opinion, mais maintenant si on faisait un référendum presque tout le monde serait d'accord avec lui, même le pape. Alors faut quand même faire attention que la majorité elle écrase pas ceux qui pensent pas pareil, surtout s'ils sont de mon avis. Diminuer le mandat du président, je sais pas si ça vaut bien la peine de faire déplacer toute la France pour aller voter ça. Vaudrait mieux leur demander s'ils veulent pas plutôt augmenter le mandat des vieux, parce que quand on a le minimum, un mandat de 3550 par mois, ça fait juste, surtout pour ceux qu'ont le loyer à payer !

Sur ces paroles, je vais vous laisser, parce que vous aller me prendre pour une vieille râleuse et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

P.S. : Laissez pas vos invités m'appeler Titine, j'ai horreur de ça. Déjà Ernestine j'ai eu du mal à m'y faire, je me suis même fait appeler Claudine quand j'étais jeune, tellement j'avais honte.

Prévue pour le 22 mai. Pas passée.


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