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Issue de secours
Le spectacle

Le 12 mars 2004

à Théâtre Mêtis

Chère Madame,

(...) Je me demande bien comment on pourrait faire du théâtre avec ça, mais c'est à vous de voir, moi j'y connais rien. J'aurais préféré vous écrire une belle pièce avec plein de personnages comme dans Les deux orphelines, mais j'ai pas le temps, c'est pour ça que je vous propose mes lettres, faites pour le mieux, c'est à vous.

Comme la postière m'a dit que j'avais le droit d'envoyer un colis de trois kilos pour le même prix, j'ai complété avec des pommes de terre et quelques poireaux, vous pourrez vous faire une bonne soupe, ça sera toujours ça de pris et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Ernestine écrit partout
2004


Lettres de rouspétance
par La compagnie Mêtis

Mise en scène : Marie Gaultier  
Création lumière et régie : Mélanie Bouvret
Scénographie : Charles-Edouard Maisonnabe
Construction décor : Fabien Robineau
Création sonore et musicale : Arnaud Coutancier

Avec
Estelle Baussier
Nicolas Berthoux
Fabien Doneau
Marie Gaultier

Les photos prises à Thouarcé sont de Jacques Labarre

Clic !

Le 22 novembre 2004

à Monsieur Rembrandt L.

Merci beaucoup pour vos couleurs et pour les explications sur votre prénom.
J’ai été un peu longue à répondre parce que j’ai fait des essais de peinture et que ça ne donnait rien. Je vous envoie mes premières œuvres. Jusque là je n’avais peint qu’une assiette et en plus c’était des motifs copiés sur des magazines.
Là c’est plus personnel, j’ai peint mes pauvres parents d’après leur tête sur des vieilles photos de noce, vous me direz ce que vous en pensez. Si ça ne vous plaît pas il suffit de refermer la boîte et ni vu ni connu.
Je les montrerai pas à Monsieur Cueco, il est trop professionnel. C’est bien lui qui a écrit sur son jardinier, ça m’a fait pleurer. J’ai vu le spectacle de mes lettres à la salle Saint-Louis de Thouarcé, c’était à quinze heures, comme ça je ne me suis pas couchée tard. Le vin d’honneur c’était du Bonnezeaux, c’est ce qui se fait de mieux dans le coin.
Ça fait drôle de se voir sur la scène. Ils n’ont pas cherché à me ressembler, il y a même des garçons qui me jouent, c’est curieux mais j’aime bien ça, ça chante, ça danse, il y a une bonne ambiance.
Voilà les nouvelles, ici il fait un temps splendide, je retourne au jardin et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


(...)Avez-vous vu le spectacle de Montreuil-Bellay ? Sur le journal ils en ont dit du bien, il parait que c'était tout plein.(...)

Le  1er décembre 2004

à Monsieur  Pierre Enckell

 

Cher  Monsieur Enckell ,

J’ai été très heureuse de recevoir votre lettre hier matin, et très surprise de savoir que vous n’aviez pas reçu mes livres. Je vous avais mis sur la liste de mes amis pour que l’éditeur Ginkgo vous les envoie et il m’avait promis qu’il le ferait. Vous n’êtes pas le premier, il y a aussi  Monsieur Décimo qui est professeur de langue des grenouilles à Orléans qui me l’a dit aussi. S’il y a un autre volume je l’enverrai moi-même sauf s’il est posthume comme je le crains à cause de mon âge. Si j’avais su que vous iriez à Angers je m’y serais fait porter d’un coup de voiture. Je savais qu’ils vendaient mes livres dans les Fnaques mais je croyais qu’ils me rangeaient avec Madame de Sévigné plutôt qu’en régional. De régional j’ai fait juste un petit livre sur le patois, je vous l’envoie, si vous l’avez déjà vous l’offrirez pour noël, comme ça pas de gaspillage  de papier cadeau.

J’essaierai de venir en février, j’aurai lu votre livre, je vais me le faire offrir pour noël, ça va me changer des charentaises qu’on offre aux vieilles tous les ans. Comme j’use pas ça me dure trois ans. J’en reçois au moins deux paires par an, mes héritiers vont être surpris, j’en ai 34 paires neuves dans une armoire, je viens de vérifier, et pourtant j’en donne en lots pour la tombola du club. Merci beaucoup pour l’adresse d’Alain  Rémond, je vais lui envoyer un mot. Ça m’est arrivé de lui écrire en Bretagne mais il n’a pas dû avoir mes lettres. Voilà les nouvelles, il y a une bande de jeunes qui ont fait un spectacle avec mes lettres. Je ne sais pas s’ils iront à Paris, mais s’ils y vont vous pouvez y aller, c’est très bien, je les soutiens comme je peux. Dans la région toutes les salles sont pleines longtemps à l’avance.

Pour la rue ou la place Brisset on en est au même point, si la mairie se décide pas je sais qu’il y a des gens qui parlent de faire une inauguration sauvage. Je leur dirai de vous inviter ou plutôt je vous inviterai moi-même, ça sera plus sûr.

Merci beaucoup de votre courrier, ça m’a beaucoup touchée et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf



Le  2 décembre 2004

à Monsieur  Mond Jules

 

Cher  Monsieur,

Je vois que vous êtes toujours dans la chambre 007, si vous faisiez de l’espionnage on vous appellerait Jule’s Mond 007 et vous auriez toutes les belles filles à vos pieds, là vous avez que les infirmières mais c’est pas forcément désagréable. Faites attention quand même de ne pas faire du harcèlement comme on voit les procès dans les journaux.

C’est vrai que les spectacles de mes lettres annoncent complet, il y a pas mal de gens qui râlent, c’est des retardataires qui s’y sont pris trop tard pour réserver. Je pense qu’ils vont jouer partout où on les demandera. Ils espèrent pouvoir aller à Avignon avec les théâtres de la région Pays de la Loire. Comme c’est eux qui les ont soutenus au début du projet, c’est possible qu’ils les prennent. Moi j’irai pas, c’est trop loin, je leur ferai faire un petit film pour la télé de la voisine, ça me suffira.

Il y a plein de gens qui m’écrivent et souvent j’oublie de répondre. Là j’ai fait une série de réponses à des gens d’ici et à Pierre Enckell, Alain Rémond et Franz Bartelt qui écrit des livres qui me font bien rire comme la terrine Rimbaud qui parle de poésie charcutière ou le jardin du bossu. Demandez donc à la bibliothèque de votre foyer de les acheter, si vous y voyez pas bien, faites-vous faire la lecture, mais pas par une bonne sœur, ça vous ferait punir et pas de bisous le soir, ça serait dommage pour vous et  j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf




Le  2 décembre 2004

à Maurice D. de Godeswaervelde, ami fidèle

 

Mon cher  Maurice,

C’est dommage que vous ne puissiez pas venir voir le spectacle, c’est bien réussi. C’était pas facile de faire du théâtre avec des lettres. Déjà de faire des films avec des romans c’est souvent minable, comme on le voit à la télévision quand on la regarde. Là tout le monde dit que c’est bien. Je vous le répète parce que c’est l’avis général, sinon je n’oserai pas. Il y a des lettres que j’aime pas trop dans leur choix mais c’est bien fait pour moi je n’avais qu’à pas les écrire. Je ne sais pas si je retournerai les voir, ils jouent le soir et ça fait tard . J’y suis allée avec Jules à Thouarcé parce que c’était à 15 heures. Il a bien aimé, il a même jeté une petite larme, ça m’a émue. Il avait mis son appareil de sourd au maximum il paraît qu’on l’entendait jusqu’à trois rangs derrière, moi ça ne m’a pas gênée, je me demande si j’ai pas encore baissé de ce côté là. Je pense que vous pourrez y aller un jour ou l’autre. S’ils vont à Avignon comme ils l’espèrent, ils seront peut-être après  invités par chez vous.   Je ne connais pas ce  Monsieur B., je vais lui envoyer un petit mot. Cunault c’est pas si loin, du temps de la minicomtesse  j’y allais pour acheter des anguilles à un pêcheur que  je connaissais. Je ne savais pas qu’Arletty écrivait des choses comme ça mais j’aimais bien quand elle faisait Garance dans les Enfants du Paradis.

A part ça je n’écris plus trop de lettres de rouspétance, je fatigue un peu moi aussi. J’espère que votre santé se maintient à notre âge il faut être prudents et  j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine


(...)Vos félicitations pour mon humour sont pas trop méritées vu que c’est involontaire mais quand on voit ça au théâtre on dirait que c’est fait exprès. Je vous envoie les publicités.(...)

 

Le  17 février 2005

à  Monsieur Pierre Arnaud de Chassy-Poulay, à Poissy

 

Cher  Monsieur,

Ça fait longtemps que je remets de vous écrire. Je passe un mauvais hiver et mon ami Jules c’est pareil. J’espère qu’à Poissy ça va mieux qu’ici. On a pourtant bien des satisfactions avec le spectacle de mes lettres qui a un grand succès par ici, tous les théâtres sont pleins des mois à l’avance.

Je vous envoie aussi une publicité pour le spectacle sur mon cousin Brisset. C’est à Paris j’espère que vous pourrez aller le voir et si vous pouvez lui faire un peu de publicité ça serait bien aussi. C’est deux spectacles qui font bien rire, depuis qu’on n’a plus signé Furax à la radio on n’a plus trop d’occasion de rigoler et c’est bien dommage parce que l’hiver ça réchauffe. Si vous voyez des gens du théâtre, dites-leur de se faire inviter, il y a des numéros de téléphone pour ça sur les papiers.

Je vous répète toute mon admiration, rien que de vous écrire ça m’a fait du bien et j’espère que ma lettre vous trouvera  de même,

Ernestine Chassebœuf




(...)Laissez pas vos invités m'appeler Titine , j'ai horreur de ça !!!(...)

Le  15 avril  2005

à  Monsieur  Edmond Thomas, à Bassac

 

Cher  Monsieur,

C’est avec plaisir que je vous envoie les deux livres qu’ils ont fait avec mes lettres. Comme ça se vend bien  ils commencent à m’en envoyer de temps en temps pour mes cadeaux et je peux en faire profiter les amis. Comme je ne sais pas si vous aimez qu’on gribouille sur vos livres je n’ai pas signé dessus, à mon avis ça leur enlève de la valeur, c’est mieux qu’ils restent à l’état naturel.

Il y a des jeunes d’ici qui ont fait un spectacle avec tout ça. C’est un grand succès à chaque fois, les salles sont pleines des mois à l’avance et tout le monde parait content, sauf peut-être les curés et les militaires mais comme ils viennent en civil on peut pas les reconnaître pour leur demander. Ça devait se jouer à Avignon mais ils ont pas eu les subventions, ils feront juste des lectures pour essayer de trouver des lieux pour jouer l’année prochaine.

Je m’occupe toujours de la rue  Brisset, le nouveau Brisset sans peine est chez l’imprimeur et je pense que cette lettre vous trouvera  de même, je vous embrasse,                              

Ernestine Chassebœuf


Recto-verso



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Le  6 juin 2005

à M. Yannick Jaulin

 

Cher  Monsieur,

J’ai déjà entendu de vos histoires à la radio, c’est pourquoi j’ai pensé à vous quand j’ai trouvé ce livre de Maître-Louis au vide-grenier d’hier à  Saint-Saturnin. Je ne sais pas si c’est bien mais comme ça se passe par chez vous ça vous intéressera sûrement plus que moi qui habite à plus de 100 kilomètres de là.  Si ça vous dit je peux aussi vous envoyer mon livre de lettres de rouspétances. Il y a des jeunes qui en ont fait un spectacle, c’était bien mais personne ne pouvait avoir de place, que les 200 premiers à chaque fois, ils ont joué 6 jours, ce qui doit faire 1200 personnes, j’en reviens pas, mais vous ça vous impressionne pas vu que vous passez même à la radio Paris Inter. Je ne sais pas si vous avez une grande salle pour les faire venir  mais si oui ça vaut le coup. Si vous voulez savoir de quoi il s’agit faut téléphoner à Marie Gaultier à Angers rue Plantagenêt, elle est dans l’annuaire. J’ai aussi un ami qui fait un spectacle sur le langage des grenouilles de Jean-Pierre Brisset, c’est bien aussi. J’arrête pas de demander aux gens de m’emmener voir votre festival de Pougne-Hérisson mais l’été les gens préfèrent aller aux moules à  Saint-Brévin, pas de chance pour moi, sauf que j’aime bien les moules, ça me console.

Voilà, je vous souhaite ce qu’il y a de mieux pour vous et j’espère toujours que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 7 juin 2005
 

à Michel Ribe, Théâtre du Rond-Point, Paris
 

Cher Monsieur,

Je vous connais bien depuis que j’allais voir Merci Bernard chez la voisine et même quand j’écoutais le professeur Bobby Trouffin à la radio, mais je l’ai aussi en livre d’histoires. C’est pourquoi je me permets de vous envoyer le premier livre de mes lettres. Il y a une équipe de jeunes qui a mis ça en théâtre et ils voudraient bien sortir un peu de l’Anjou. Ils ont eu un grand succès ici pendant 6 jours de suite c’était tout plein, même Joseph a pas pu avoir de places et pourtant il a des places gratuites pour tout, il a même été à Nantes à Holiday one Hice sans payer. Voilà, si des fois vous avez une salle vide vous pouvez toujours leur demander pour boucher le trou, ça vous dépannera et ça les arrangera aussi, c’est toujours mieux de s’entendre quand on peut et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf



Le  9 juin 2005

à M. Pierre Arnaud de Chassy-Poulay

       

Cher  Monsieur,

Monsieur Bonnel  m’a fait passer votre courrier très flatteur pour moi.  Si je ne vous ai pas répondu plus tôt c’est que j’ai été un peu souffrante, à nos âges ça arrive. On m’a quand même traînée à Angers pour voir le spectacle de mon cousin Brisset et la semaine dernière pour le spectacle de mes lettres.  J’ai bien aimé tout, et j’ai regretté de ne pas voir M. Bonnel. Dans le bâtiment il a sûrement beaucoup de travail en ce moment.

Je vous envoie ce petit mot pour vous donner le texte du spectacle de Brisset et pour vous dire que si vous connaissez du monde dans le théâtre ça serait bien que vous donniez un coup de pouce à ces gens-là. Le spectacle de mes lettres c’est un vrai bonheur, tout le monde est enchanté et à Angers ils n'ont pas vu un pareil succès depuis deux ans, tout était plein pendant 6 jours et beaucoup de gens râlent de ne pas avoir eu de place.

Ça serait bien que ça puisse passer à Paris une fois ou deux pour inviter les critiques mais ils connaissent personne, alors je compte sur vous et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 9 juin 2005

à Albert Algoud, à l’Echo des Savanes
 

Cher Albert ,  

Ça fait tellement longtemps que vous avez eu de mes nouvelles que vous deviez croire que j’étais morte, eh bien non, pas encore. Il y a des jeunes qui ont mis mes lettres en spectacle et ça m’a redonné un peu goût à la vie.  Ils ont une drôle de vitalité et ça ferait plaisir de vous faire partager ça.  Si vous voulez les faire venir, vous avez juste à les payer et à louer une salle et vous offrez les places à vos lecteurs avec les abonnements, ça vous évitera de leur donner des valises en plastique ou des réveils minables comme ils font tous. Sinon vous les faites pistonner par quelqu’un d’autre, c’est pas les théâtres qui manquent à Paris. A Angers tout était plein pendant 6 jours et beaucoup de gens râlent de ne pas avoir eu de place.

 

Ça serait bien que ça puisse passer à Paris un soir ou deux pour inviter les critiques mais ils connaissent personne, alors je compte sur vous et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

P.S. : Polac* ne m’a jamais répondu pour savoir si c’était bien lui, en 64 mais ma lettre est dans le spectacle.

 

 

 

 

Recto-Verso....  François-François est un  personnage crée par Albert Algoud sur Canal +

* Michel Polac (1930-2012) journaliste de presse, de TV, de radio, producteur, écrivain, critique littéraire et cinéaste français



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Le  9 juin 2005

Cher  Monsieur Artur José,

Ça fait longtemps que je vous entends à la radio pour me tenir  au courant des pièces que je manque puisque je n’habite pas à Paris et que même ici je ne vais pas au théâtre à cause de ma santé et des déplacements pas faciles. Comme vous verrez dans le livre, je suis âgée et pourtant j’écris des choses qui plaisent aux jeunes puisqu’ils ont fait du théâtre avec mes lettres. Vous verrez sur l’article du journal qu’ils ont en un grand succès à Angers.  Si je vous écris c’est parce que vous connaissez tout le monde dans ce milieu-là. Moi je n’y connais personne mais j’ai fait croire aux comédiens que je pourrais les faire pistonner pour aller jouer une fois ou deux à Paris, et maintenant je suis bien embêtée puisque je ne connais que vous, et encore que par ouï-dire à la radio.

C’est pour faire venir des critiques et c’est pas facile quand on ne connaît personne, si le texte vous plait, je compte sur vous, vous pouvez même en lire à la radio et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  10 juin 2005

à  Maurice D. de Godeswaervelde

 

Cher  Maurice,

Ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas donné de mes nouvelles. J’ai été bien occupée la semaine dernière, je suis retournée au spectacle de mes lettres à Angers, je vous mets l’article du journal en photocopie.  Il y avait aussi Jules, mon ami, il a même jeté une petite larme à la fin parce qu’on parle de lui.  Il va y avoir une exposition  Mougin cet été à Metz dans une grande bibliothèque. C’est un ami à lui, un facteur aussi qui l’organise. On m’a offert votre recueil de nouvelles, je l’ai lu deux fois pour voir si on parlait de moi, on sait jamais, mais j’ai pas vu mon prénom. Si vous connaissez du monde dans le monde dans le spectacle vous pouvez leur recommander celui de mes lettres. Je me demandais ce qu’ils feraient de tout ça, mais maintenant je suis rassurée, c’est vraiment bien réussi, le public est toujours ravi, c’est archi plein, ils font des ovations et des rappels, si j’avais pas été incognito je me serais sentie gênée.

J’espère que vos problèmes de santé se sont arrangés, qu’Elsa va bien ainsi que toute votre famille et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf




A Coutures
Aux directeurs de salles des fêtes
 
Monsieur ou Madame,

Ce petit mot pour accompagner le film qui a été fait sur un disque pendant que la Compagnie Mêtis jouait le spectacle de mes lettres. C’est moins bien qu’en vrai parce qu’ils n’ont pas pu empêcher les gens de rire et on n’entend pas toujours très bien, surtout moi à mon âge.
Pour le bazar qu’il y a sur la scène, n’allez pas croire que c’est comme ça chez moi, je suis quand même plus ordrée, mais ils ont besoin de tout pour leur spectacle et le public aime bien ça, c’est le principal.
Ne vous inquiétez pas, je les ai vus ranger une après-midi qu’ils avaient joué en matinée, tout est vite rentré dans le camion et ils passent même un coup de balai après, vous n’aurez rien à faire vous-même.
Voilà, j’espère que ça vous plaira. Par ici ils ont refusé du monde parce que toutes les salles étaient pleines et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


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