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Ses lectures

 

 

Son Livre de chevet : Les deux orphelines

(...)Pour le film des deux orphelines, je l’ai vu au patro quand j’étais petite, mais c’était un film en noir et blanc sans paroles et sans musique. Par contre le livre je l’ai lu une vingtaine de fois ce qui fait 40. Sans famille d’Hector Malot, on l’avait à la bibliothèque de l’école et je l’ai vu à la télé, ça m’a fait pleurer surtout quand le chien revient sans son maître mais la mère elle jouait pas terrible avec son accent alsacien alors qu’ Hector  Malot était breton comme vous, en principe.(...)


Le 7 janvier an deux mille


A M. le directeur de la bibliothèque de Chanzeaux

 

Monsieur,

Je dois faire le méat coulpa pour la famille de mon mari, c'est les Chassebœuf, vous les connaissez peut-être de nom vu qu'ils ont eu de la famille à Chanzeaux autrefois, mais maintenant je les vois plus, on peut pas cousiner avec tout le monde.

C'est le grand-père de mon mari qu'allait en vacances chez sa tante à Chanzeaux et le curé Peltier lui avait prêté de la lecture. Malheureusement il avait pas eu le temps de le finir à cause de la guerre de soixante-dix, et comme sa tante était morte du croup, il est jamais revenu à Chanzeaux sauf pour l'enterrement. Après plusieurs années il a eu peur que l'amende pour le retard soit trop forte, alors il l'a gardé et après il l'a passé à son petit-fils, mon mari, sur son lit de mort pour qu'il finisse de le lire pour pouvoir enfin le rendre, mais le curé Peltier était parti curé on sait pas où, alors comment faire ?

Moi j'ai essayé de le lire, mais ça m'a pas intéressée, ça parle que de Dieu et de punitions et même à la page 337 une femme battue qui se fait tuer par son mari et c'est bien fait pour elle, alors des livres comme ça faut pas les donner aux enfants alors qu'il y a tellement d'histoires qui finissent bien, comme les deux orphelines ou les trois mousquetaires ou même les quatre filles du Docteur March.

Enfin, je vous le rends puisqu'il est à vous, gardez-le sous clef comme une pièce de musée, et si possible me demandez pas l'amende, ça ira comme ça, j'ai déjà payé les timbres sur le colis, et faut bien que l'honnêteté soit récompensée, c'est écrit dans le livre. Vous pouvez m'accuser réception, le facteur me connaît et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,
 

Ernestine Chassebœuf


Le 2 juin an deux mille
 

A Monsieur Laclavetine

 

Monsieur,
 
Je voulais vous écrire depuis longtemps à cause des voisins qui m'ont construit un mur tritoyen devant chez moi. C'est une histoire assez connue depuis qu'elle est passée à France-Culture, mais vous avez sans doute pas le temps d'écouter Pot-au-feu. Justement comme je cherchais comment on peut faire grimper des liserons sur le béton pour cacher le mur, mon petit fils il a fait liserons sur son internet et il m'a commandé un livre de vous qui parle pas du tout de ça, c'est liserons et écriverons. J'ai rien compris à l'histoire et j'aurais bien aimé le changer, mais comme ça vient d'Honolulu, c'est pas facile, alors si vous en avez écrit un autre plus facile, par exemple qui parlerait d'enfants perdus, on saurait pas qui c'est au début mais à la fin, ils retrouveraient leurs parents et ça serait le Duc de Montpensier ou autre, et ça finirait bien, je vous renverrai l'autre à la place.
Des livres j'en prends des quantités au bibliobus, alors quand j'ai lu que des écrivains signaient une pétition pour nous faire payer 5 francs par livre j'ai fait une colère et je me suis mise à écrire des lettres. Je les ai fait photocopier pour vous, Jean Lebrun m'a dit que ça pouvait vous intéresser, alors voilà et j'espère que mon paquet vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf
 
P.S : Vous pouvez me répondre, le facteur connaît mon adresse.



 

 

28 juin an deux mille


à Mme Mathurine Dubidet
 

Ma chère Mathurine,

Je suis bien contente que ça t'ait plu mes lettres, j'avais peur qu'avec l'âge tu sois devenue un peu gâteuse, ça arrive à des plus jeunes que nous. T'as trois ans juste de plus que moi, puisque quand t'étais dans les mouettes rieuses au patronage, j'étais que dans les alouettes lulu, donc juste trois ans. Tu te souviens, elle était pas gratuite la bibliothèque du curé, et dans les histoires d'amour, si ça s'embrassait de trop près, il collait les pages ensemble pour qu'on lise pas. C'était pareil dans les livres sur l'Afrique, il leur collait des soutiens-gorge en papier aux négresses, à l'époque on pouvait dire négresses, on risquait pas de les vexer, la première que j'ai vue, j'avais 53 ans.

Bon, à part ça, les plombiers ils vont bien en vacances où ils veulent, à Savannakhet ou à Honolulu, je vais quand même pas régenter tout le monde. Nous à Coutures, on a pas du beau papier à lettres comme toi, mais c'est quand même bizarre que le pêcheur il reste bien tranquille pendant qu'il y a l'église qui brûle, c'est sûrement un rouge , à mon avis c'est lui qu'a mis le feu.
Je t'envoie mon recueil de poèmes, j'ai réussi à le faire imprimer, c'est chez Belin que ça va bisquer. Voilà, tâche de bien te porter, je retourne châtrer mes tomates et j'espère que ma lettre te trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 23 mai an deux mille et trois


à M. René Froment, au marché des livres, à Paris 15e


Cher Monsieur,

Vous vous rendez compte que ça fait déjà quatre ans que je vous ai rencontré sur le marché pour les deux orphelines ! Le temps passe trop vite. Plusieurs fois j’ai voulu vous écrire pour avoir de vos nouvelles, mais ça passe et on oublie. Je vous envoie le recueil qu’ils ont fait avec mes lettres, vous vous y trouverez en page 21, ça vous rappellera des souvenirs qui seront bons j’espère , et peut-être que ma lettre vous trouvera de même, je vous embrasse,

Ernestine Chassebœuf


Paris le 6 octobre 2003

Lucienne  S.

à  Madame Ernestine Chassebœuf  " Orpheline des deux orphelines "

 

Chère Ernestine,

Vous me permettez cette familiarité puisque je suis votre aînée. Merci pour la dédicace de votre livre, mais il est dangereux, je dis bien dangereux. Je le lis pour la deuxième fois et j'ai encore mal au ventre de rire, or à mon âge c'est très mauvais, on peu en mourir. Cependant, au cas où vous en sortiriez un autre, prévenez-moi, je me précipiterais pour en faire l'acquisition.

Pour cela faites une enquête auprès des anciens instituteurs de la région, mon fils en fait partie, il sera facile à reconnaître (beau garçon, cheveux blancs, un peu barbu, sympa, sachant réparer les fuites d'eau ) et c'est lui mon fournisseur.

En vous remerciant tout de même de nous faire passer de si bons moments, croyez à toute ma sympathie.

Lucienne

P.S. Si par hasard, je tombe sur Les deux orphelines je vous l'adresse aussitôt.


Le 13 janvier 2004

à  Madame Lucienne  S.,  à Paris 3e

 

 Chère  Madame,

Je vous remercie de votre lettre. Faudra m’excuser d’avoir tant tardé à répondre. J’avais le jardin, et après j’étais dans le tri de mes brouillons pour le volume 2 qui paraîtra en mai.  Rassurez-vous, ça sera le dernier. Je suis bien contente de vous avoir fait rire, j’espère que le deuxième sera à la hauteur. Pour Les deux orphelines, faites pas de frais pour moi, tout le monde m’en offre, j’en ai maintenant 23, ce qui fait 46 en orphelines.

Je ne sais pas quel temps il fait à Paris mais ici c’est la tempête qui s’y met, manquait plus que ça.

On se souhaite quand même une bonne année et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf                                             



Coutures,  20 septembre 2005

Chers amis des Ardennes et des bibliothèques,

Je ne sais pas où je serai quand la Compagnie Mêtis viendra chez vous l’année prochaine, pour lire quelques-unes de mes lettres. A mon âge faut pas faire trop de projets à long terme, je préfère vous écrire maintenant, ça sera plus sûr.
Les livres et les bibliothèques, j’ai toujours aimé ça, depuis la petite école, comme je l’avais écrit à Louis Bozon du Jeu des Mille francs, (mais maintenant c’est des euros) : Je ne sais pas si je pourrais trouver les réponses à votre jeu, c’est plutôt difficile. J’ai lu plusieurs livres mais les questions ça tombe jamais sur ceux-là. Justement je voulais vous dire que ça me rappelle l’école de Rou-Marson quand j’étais petite, celles qui savaient tout, les premières de la classe, on leur donnait plein de livres à la distribution des prix. Les autres, celles qu’auraient eu besoin de lire pour s’instruire un peu, on leur donnait rien ou alors un petit livre écrit en grosses lettres. Vous devriez faire le contraire, donner des livres à ceux qui perdent, les gagnants qui ont tout lu, ils en ont pas besoin.

J’ai souvent écouté son émission depuis, il n’a jamais suivi mon conseil, c’est comme celui de la télé sur la 3, le petit Barrot, je lui ai écrit aussi, même résultat :

Le  9 mai 2000

Ernestine Chassebœuf
à Coutures dans le Maine et Loire
à Monsieur Olivier Barrot
libraire sur la troisième chaîne.


Monsieur Olivier,


Ça faisait longtemps que je voulais vous écrire. Au club des cheveux-bleus on est toutes folles de vous. On est beaucoup à vous regarder à la télé à cause de Julien Lepers qui passe juste avant, sur la 3. Mais lui c'est différent on l'aime pas trop parce qu'on n’a pas le temps de chercher les réponses dans le Larousse que déjà les candidats ils ont appuyé sur leur sonnette, alors ça encourage pas à s'instruire et à la longue ça fatigue. Mais vous, juste après, on s'en lasse pas. Toujours bien mis, même au bout du monde : en Australie pour les livres sur les kangourous, au Pôle Nord pour les livres sur les pingouins, c'est moi qui voudrais faire tous ces voyages-là, rien que pour aller lire même pas une page. Et comment vous faites pour être toujours aussi bien peigné même dans la tempête, moi si je vais à la mer sans bonnet, j'ai les cheveux sur la tête pire que dans les romans d'épouvante, alors si je devais passer à la télé ça serait pas photogénique. C'est pareil pour les costumes à changer tous les jours, ça doit vous coûter une fortune.
Le seul problème pour nous ici à la campagne c'est que les livres que vous montrez on peut pas les acheter parce que nos librairies c'est que des tabacs-journaux et ils vendent pas de livres. On emprunte au bibliobus ou on se contente de relire ceux qu'on a à la maison, moi j'ai lu douze fois Les deux orphelines, c'est une belle histoire mais vous n’en parlez jamais parce que ça ne se trouve plus dans les librairies, faut le trouver d'occasion et c'est pas facile.
Alors si vous pouvez en parler à "Pot-au-feu" rien que pour nous, ça nous ferait plaisir. Évidemment comme c'est à la radio on verra pas les gestes que vous faites avec les mains, mais comme on vous connaît bien, en fermant les yeux on imaginera.
Comme vous ne devez pas connaître le livre, j'ai fait la rédaction à votre place et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

Parmi les milliers d'auteurs publiés chaque année et dont la plupart mériteraient d'être méconnus, pourquoi ne pas célébrer aujourd'hui l'œuvre passionnante d'Adolphe d'Ennery, le père des Deux orphelines. Oh certes il n'est pas facile à trouver ce prodigieux roman, présent seulement aujourd'hui chez quelques bouquinistes, et traiter des Deux orphelines en deux minutes serait déjà un exploit sportif, alors le bâcler en 30 secondes c'est plutôt mission impossible. Je ne vais donc vous lire que ce passage prodigieux où l'auteur nous fait accéder à des dimensions jusqu'alors inexplorées de l'âme humaine :
— Oui !…Je voulais abandonner notre cher ange sur le parvis de Notre-Dame….Mais comme je me baissais cherchant la place sans neige ou je déposerai mon enfant, j'entendis des vagissements…Je m'approchai. Une petite créature était là depuis quelque temps déjà sans doute, car je vis son petit visage bleui par le froid….
— Un enfant ! m'écriai-je, un enfant abandonné comme va l'être le mien ! Il est déjà tout glacé. Il va mourir ici, et le même sort serait réservé à ma pauvre fille !
— Non !…pensai-je, je n'abandonnerai pas mon enfant…
Et Gérard, parti à Notre-Dame pour abandonner sa fille, s'en revint d'un pas ferme avec deux enfants dans les bras !

 

Les grands romans comme les Deux orphelines ou le Maître de forges, ça me passionnait, et surtout ça m’occupait quand il fallait rester pendant des après-midi entières à garder les vaches. A l’époque j’étais pas encore trop intéressée par la poésie mais comme je collectionnais toutes sortes de choses, je m'arrêtais à Liré rien que pour le papier du charcutier : il avait fait imprimer : Heureux qui comme Ulysse a dégusté une bonne saucisse. C'est depuis ce moment-là que j'ai eu le goût de la poésie. Des papiers de charcutier, j'en ai ramassé des tas depuis, et en plus la famille et les amis m'en ramènent de partout quand ils vont en voyage, avec de la saucisse dedans, bien sûr.

Heureux qui comme Ulysse a dégusté une bonne saucisse, c’est grâce à des vers comme ça que j’ai pu écrire les miens. En toute modestie je peux bien vous avouer qu’il y a un écrivain de par chez vous, Monsieur Franz Bartelt à Nouzonville, qui m’a écrit pour me féliciter d’avoir écrit quelques alexandrins qu’il a rangés dans sa collection :

« On vous regrettera, beaux dépotoirs d'antan ! »
« Si ça n'a pas traîné, c’est bien grâce aux Trois Suisses »,
« Mais ma muse m'a dit, ne gaspille pas tes vers ».
Dans leur contexte, ils sont déjà très bien. Mais isolés comme des dieux, ils deviennent sublimes, et il m'a suffi de les lire une fois pour les aimer. Quand je les aurai appris par cœur, j'en ferai un objet de vénération, à égalité avec les d'Hugo. De tout cela, je déduis que nous sommes à peu près de la même famille.


C’est un peu trop flatteur, mais ça m’a fait plaisir quand même, à moi qui n’ai que mon certificat, que Monsieur Bartelt m’écrive des choses pareilles !
Les gens intelligents on en trouve partout, et des imbéciles il y en a aussi dans ceux qui se disent instruits !

Chez les ministres par exemple, y’a pas que des lumières ! J’avais écrit à un ministre des écoles, tiens je vous en recopie un morceau :

…ce que j’ai à vous dire ça tient sur une feuille, donc pas de problème. C’est parce qu’on nous rabâche partout que les enfants savent pas lire et qu’il faut revenir à la bonne vieille méthode de l’alphabet comme au temps de l’autre Ferry. Faudrait quand même faire une étude sérieuse, parce que je connais des tas de gens de mon âge ou même moins qui ont appris à lire avec des alphabets et qui sont pas foutus de faire un scrabble sans que ça soit bourré de fautes, et je vous dis pas l’orthographe des cartes postales que je reçois quand ils vont aux voyages Mochereau. Faites donc faire des dictées de pivot dans les maisons de retraite, vous verrez le résultat.
Y’a quand même des choses plus intéressantes pour apprendre à lire aux enfants que la pipe du papa de Pipo ou le mimi de la maman de Momo, à mon avis. Si vous voulez faire quelque chose d’utile pour les enfants, faites plutôt supprimer toutes ces sottises qui les abrutissent à la télé le matin avant d’aller à l’école et faites leur manger des vraies tartines au quatre-heures au lieu de les bourrer de maquedos, parce qu’il paraît qu’on en mange jusque dans les écoles.

J’espère que vous me répondrez rapidement et que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

J’arrête de vous parler de ça parce que ça me fait monter la tension. C’est comme en l’an 2000 quand tous ces écrivains se sont mis à réclamer pour qu’on leur paie la location des livres dans les bibliothèques, la rage m’a pris et j’ai leur ai écrit des tas de lettres pour leur dire ce que j’en pensais….

Voilà, chers Ardennais et Ardennaises, Belges, Belges, je vous remercie d’avoir eu la patience d’écouter mes bavardages. Je m’excuse de ne pas pouvoir être parmi vous pour cause d’absence, et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf



Le  14 décembre 2005

 A Estelle L., aux Ponts-de-Cé

 

Ma chère Estelle,

C’est très gentil de m’avoir écrit surtout avec une plume et de l’encre. Ton écriture est belle, tu devrais essayer la calligraphie, si j’étais plus jeune je prendrais des cours. Les deux orphelines c’est pas si intéressant que ça, lis plutôt des livres de notre époque, il y a beaucoup de bons auteurs dans les bibliothèques. J’ai su que la pièce est passée aux Ponts-de-Cé mais je n’ai pas pu y aller vu que j’étais déjà disparue.

Je connais bien les Ponts-de-Cé, j’y suis allée une semaine en vacances pendant la guerre, dans la rue Rouget de l’Isle, une petite maison. On m’avait montré que sur le mur de la ruelle, le poète des Ponts-de-Cé Jules Quélin, avait gravé son nom sur un tuffeau, je ne sais pas si ça y est encore.

Pour tes questions à Bozon, j’aurais répondu à la première, mais il y a sûrement eu une chapelle parce que dans la rue Rouget de l’Isle  vers le 11, après la ruelle,  dans une ancienne épicerie il y avait un vitrail . Sur la maison en face il y a aussi une niche comme pour mettre une  statue de saint, tu peux aller vérifier et j’espère que ma lettre te trouvera de même, 

Ernestine Chassebœuf

PS : Ne dis à personne que je t’ai écrit vu que j’ai disparu, ça la foutrait mal.



Le 18 décembre an deux mille et deux
 

A M. Edmond Thomas
 

Cher Monsieur,
 
On m’a montré des nouveaux livres que vous faites avec des vieux, et justement j’en ai un qui pourrait vous intéresser vu qu’il n’a été tiré qu’à 62 exemplaires, ça doit pas courir les rues. Ça vient d’une tante qu’était la bonne d’un curé, il avait confisqué ça à un gamin du catéchisme, qu’il disait. A mon avis, il l’avait gardé pour le lire en cachette. Malheureusement je l’ai stocké dans la cave du fond et y’a un remelu qu’a dû pisser dessus. Je l’ai fait sécher près de la cheminée mais je me demande bien si vous pourrez le ravoir.
Oui, je ne vous ai pas dit c’est humide chez moi parce que je suis troglodyte comme c’est expliqué dans le petit livre que je vous envoie aussi.
Gardez tout, vous réussirez bien à en faire quelque chose si c’est pas trop foutu
et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,
 
Ernestine Chassebœuf


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