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Du côté de la santé...
 

Ernestine est suivie par le docteur Bourgeon

(...)Le docteur Bourgeon est très bien, j’ai un peu changé son nom pour pas le vexer, je ne sais pas s’il a lu les livres, je n’ai jamais osé lui en parler.(...)

A part une crise d'asthme due à la pollution parisienne, Ernestine évoque surtout ses maladies liées à l'âge : diabète,  cataracte,  arthrose du carpe, cholestérol, hypertension, plaies variqueuses.  Elle  projette de se faire poser une prothèse de hanche... mais le gonglage de ses pieds reste le plus gros de ses soucis car sans remèdes.

à Monsieur Daniel Mermet, pour l’émission Col Spé *

 

Monsieur Mermet,  

C’est un voisin qui répond pour moi sur votre internet. C’est à propos des col spé. On m’a dit que vous cherchiez pour une émission des témoignages de gens qui en ont.

Des col spé, il y en a de toutes sortes, de mon temps ont disait les coliques spécifiques, mais maintenant c’est la manie de tout mettre en abrégé. Celles que j’ai en ce moment, on peut dire que c’est quelque chose ! Le Docteur Bourgeon, de Saint-Rémy me les a fait analyser. C’est des coliques spécifiques tropicales, chose bizarre puisque je ne voyage jamais, surtout en ce moment à cause de mes pieds. De toutes façons puisque je suis contre les avions à réaction qui polluent et qui font peur aux poules qui couvent, je sais pas pourquoi j’irai participer à faire peur aux poules des autres dans les pays étrangers.

Ils ont quand même trouvé l’explication des mes col spé tropicales, ça serait à cause des pigeons voyageurs qui viennent du bout du monde pour chier sur mes cerises.  Excusez si je suis vulgaire mais j’allais pas dire « faire caca » ou déféquer pour des oiseaux, quand même il y a des limites.

Donc d’accord pour témoigner à votre émission, à condition qu’il y ait des ouatères pas trop loin du micro parce que des fois ça presse et j’espère que ce timèle vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

* Col spé :  Pour collaborateur spécial, pigiste chez  Mermet. L'utilisation de cette abréviation a entraîné quelques blagues sur le répondeur de l'émission.


Le 11 octobre 1999
 

à Madame Claire C., à Meudon
  
 

Madame, 

Je me demande bien qui a pu vous parler de moi, je connais personne à Meudon, à moins que ce soit le Docteur Destouches. s’il est encore vivant. Je l’avais connu un jour qu’il était tombé en panne devant chez moi avec sa femme Lucette. Je lui avais fait goûter mes rillettes et je lui avais montré mes plaies variqueuses, il m’avait bien soigné même si on voyait bien que ça le dégoûtait un peu, mes jambes, pas les rillettes. Il a jamais répondu à mes cartes de vœux. Si vous le voyez dites-lui que je lui en veux pas, j’ai l’habitude qu’on réponde pas à mes lettres. C’est sûrement pas lui qui vous a parlé de mes poèmes parce qu’à l’époque j’en faisais pas encore , j’ai mon dictionnaire de rimes que depuis mars dernier. Je vous envoie le poème du métro qu’ils ont passé dans Télérama de la semaine dernière, mais les autres je peux pas vous les recopier, ça serait trop long. J’avais espoir d’en faire un recueil pour vendre en livre de poche dans les tabacs, j’ai écrit à Belin, celui qu’avait fait mon livre de récitations du certificat que j’ai encore, mais ils m’ont répondu négatif sous prétexte qu’ils éditent plus des livres mais des gâteaux secs, faut croire que ça doit se vendre mieux. Si un jour je trouve quelqu’un pour imprimer mes poèmes à pas trop cher, je vous les enverrai, je vous le promets et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Ernestine écrit partout Vol.3, page 79
(...)C’est comme les rebouteux, y’avait plein de femmes qui y allaient quand les maris étaient au boulot. Moi je sais bien ce qu’il leur reboutait, et de quel bout, et je crois pas à tout ça, mais je suis sûr que ça leur faisait quand même du bien par où ça passait.(...)

Le 7 décembre an deux mille
 

à M. Albert Algoud
 

Cher monsieur,

Juste un petit mot en vitesse pour corriger une petite erreur parce que je vous aime bien. Vous confondez deux affaires médicales, le Pesma-cœur , inventé par le docteur Pesma qui se prononce comme a dit Polac, et le Pisse – Macaire qu'est un récipient qu'on porte sur soi quand on a la prostate. C'est pas mon habitude d'écrire à tout bout de champ pour des affaires de prononciation, mais là c'est important vu que c'est médical. J'en profite pour vous demander de faire une commission à Polac. Il a parlé d'un livre d'un petit éditeur, imprimé sur du papier brillant, faut qu'il se méfie, moi j'ai eu une table à repasser avec un tissu brillant sur le dessus, c'était de l'amiante, alors ça serait dommage de faire une campagne pour récupérer les piles au mercure et en même temps de faire acheter un livre sur du papier recyclé avec n'importe quoi dedans.
Je sais pas si vous avez entendu, mais la ministre elle l'a enterré, le prêt payant, c'est sûrement grâce à mon livre et à tous ceux qu'ont signé contre, alors je m'en vais arroser ça et j'espère que pour vous ça sera de même,
 
Ernestine Chassebœuf
 
PS: Il a torturé en Algérie, le Maréchal Ganache * ?

* Personnage créé par Albert Algoud sur Canal +




Le 11 avril 2002


à Mademoiselle Jeanne Chérhal

Chère Mademoiselle,

 Clic !

J’ai passé une bonne soirée l’autre jour à Beaulieu-sur-Layon à vous écouter, et pourtant j’avais bien dit que j’y mettrais plus les pieds à cause de la pharmacie de garde qu’est trop loin de chez nous et aussi à cause de l’ancêtre Chassebœuf de mon mari qu’ils ont massacré à la bataille du Pont Barré en 1793. En plus ils ont un rond-point devant l’église, si vous l’avez vu vous comprendrez pourquoi je voulais plus aller dans ce bled. Enfin s’ils passent des chanteuses comme vous dans leur salle Saint-Louis, c’est peut-être bon signe pour l’avenir. C’est sûrement les maronites qui leur font la messe depuis que leur curé s’est sauvé avec une petite  paroissienne qui les ont fait changer, et c’est pas des ragots, je l’ai vu à la télé.

 Enfin, vos chansons, ça fait chaud au cœur, surtout à une nonagénaire comme moi, c’est pour ça que je vous envoie une photo à dédicacer en souvenir, c’était quand vous aviez pas encore vos nattes mais on vous reconnaît bien quand même. J’ai tardé un peu à vous écrire parce que je l’ai fait tirer au clair pour l’encadrer, vous pouvez garder la vieille, mais surtout signez bien la grande en écrivant assez gros, j’ai un peu la cataracte, les petites écritures derrière votre photo j’ai même pas pu les lire et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,
 

Ernestine Chassebœuf

Recto-Verso             


(...)Si tu vas à l’équateur n’oublie pas de faire tes vaccins et reste bien sage parce qu’il y a beaucoup de sida là-bas, faut se méfier, les hommes sont bien beaux et c’est facile de se laisser aller même à nos âges.(...)

à Madame ou mademoiselle d'E. à Quimperlé

 

Chère Béatrice,

J'ai bien reçu vos lettres et même l'église de Quimperlé, je vous mets pas l'église de Coutures, elle est trop moche. Il y en avait une belle très ancienne, mais comme il y a un riche qu'en a payé une neuve, ils se sont débarrassés de la belle. Conclusion : une église moche de plus, mais c'est moins grave pour moi que pour les croyants qui y vont plusieurs fois par an.
J'espère que vous allez trouver un travail qui rapporte sans trop fatiguer pour que ça vous laisse le temps de lire. Je suis souvent contrariée, mais je suis pas gauchère. Le problème c'est que j'ai un peu de tremblote avec l'âge, j'ai demandé, rien à craindre c'est pas spongiforme, et pourtant j'en ai mangé des abats, vu que c'est ça le moins cher. Si vous voulez correspondre avec moi, faudra plus me parler de Bigard, je le trouve bête et vulgaire, et me parlez pas de Bigeard non plus, c'est le même genre et tortionnaire en plus. Les deux orphelines c'est à cause de mon livre préféré, j'ai écrit beaucoup de lettres pour en parler mais elles seront dans un autre livre qui sera sûrement un best-seller, c'est un manuel pour enseigner des modèles de lettres à ceux qui savent pas quoi écrire. Pour le cheval bon marché qui est cher vous avez raison. On avait acheté une vieille jument pour trois sous, et quand elle est morte de vieillesse tout le monde a pleuré tellement elle nous était devenue chère. Vous pouvez critiquer ma poésie c'est votre droit, mais vous savez Rimbaud au début personne trouvait ça bien et maintenant c'est la mode, alors attendons un siècle et on verra. Je vous envoie une pétition, c'est pas sûr que ça vous concerne, mais le timbre c'est 3 francs pareil et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


 

 

Ernestine écrit partout Vol.3, page128
(...)Je ne suis pas très grande mais quand j’allais porter des annonces pour vendre mes veaux, j’ai jamais eu besoin de crier pour me faire entendre.(...)

 

 


Le   23 juin an deux mille et trois

 à  M. Jacques  T.

 

Cher  Monsieur,

 On m’a donné votre courrier  arrivé par l’internet. Vous pouvez écrire par la poste si vous voulez, ici le facteur fait jamais grève, il la laisse faire aux autres ça lui coûte moins cher. Quand Berlusconi lui fera aussi livrer ses pizzas il sera trop tard pour se remuer, sans compter qu’ils nous obligeront encore à changer nos boîtes à lettres. Dans votre courrier j’ai pas tout compris. J’espère que vous êtes pas professeur d’orthographe, ce que vous avez écrit ça ressemble un peu aux livres de mon cousin Brisset qui a été professeur de français, mais c’était en Allemagne, donc moins grave.  Ça me fait penser aussi à un prix Nobel qui m’avait écrit, mais lui je pense qu’il avait fait exprès, parce qu’il m’appelait  Madame Chassevache.

Alors comme ça vous avez un problème avec l’alcool ? On vous fait pas souffler dans le ballon  à votre école ? Et votre femme homéopathe ne vous dit rien ? Moi quand Chassebœuf avait un coup dans le nez, pas question de rien au lit, on dormait à l’auberge du cul-tourné.

L’homéopathie faut pas m’en parler, je suis fâchée avec plusieurs à cause de ça. Avaler des sucrettes pour se soigner, c’est comme les hosties, j’y  crois pas. J’ai essayé, ça m’a rien fait, mes pieds gonglés, je les ai encore. Tiens, votre femme elle a peut-être une méthode contre ça, les pieds gonglés. Je vous recopie la lettre que j’ai envoyée à la pharmacie quand ils avaient mis leur pancarte, je raconte les symptômes. J’ai pas eu de nouvelles.

Je suis contente de savoir enfin ce que c’est que ces aa, je mourrai moins bête, sans compter que dans les mots croisés  Fleuve côtier  on en a marre, ça pourrait changer. A propos de mots croisés je pensais que vous alliez me parler de Robert  Scipion, comme vous avez mis ex-Scipion en titre, je croyais que vous vouliez me parler de lui. C’est dommage, maintenant qu’il est mort je sais qu’il me répondra pas. J’écris de temps en temps à Julien Gracq, lui il me répond toujours un petit mot gentil . Il a à peu près mon âge, mais lui c’est la Pléiade, c’est pas Ginkgo Biloba.

C’est vrai qu’ils sont forts pour fabriquer des élixirs, les curés, j’avais pas fait attention, mais pour les fromages et la bière ils sont pas mal non plus. Pour les curés qui maltraitent les premiers communiants, c’est la théorie de mon voisin R., il y a même un spectacle qui montre que c’est ça que Brisset raconte dans ses livres, mais les spychologues et le biographe officiel sont pas trop d’accord, moi j’en sais rien, j’ai pas fait de spychologie, j’ai que mon certificat, mais à l’époque c’était 5 fautes, zéro, éliminé, tu repasseras l’année prochaine. Pour mes insomnies j’ai bien essayé la goublotte, mais ça me fait vomir, j’ai la bassine qui pue à côté de moi, je dors encore moins si c’est possible. Comme dit une amie, à notre époque il y a bien assez de raisons de dégobiller sans rajouter le mal au crâne en plus.

 Non je suis pas trop stressée, et j’espère que cette lettre vous trouvera de même, 

 Ernestine Chassebœuf


(...)Faudra que je demande à ce Monsieur T. que je connais à peine pourquoi il donne des indications sur mes maladies intimes. En plus il s’est trompé, mes pieds sont gonglés et pas gonflés, ça n’a rien à voir. Puisque vous avez votre internet, essayez de chercher gonglé, mon voisin m’a montré, vous verrez tout ce qu’on peut trouver qui gongle.(...)

Bourbonne Les Bains le 10. 08. 02

Chère Ernestine

Saviez-vous qu'à Bourbonne les bains ils avaient inventé le karcher pour soigner les rhumatismes ? Je pense qu'on doit pouvoir soigner ici vos doigts de pied gonglés, la goutte et l'arthrose dues à l'usage excessif du blanc sec et de la brouette de bois.

Bien cordialement à vous,

Un admirateur et une admiratrice qui vous veulent du bien.

Francis K

 

 

Je pensais bien vous voir... Nous aurions fait causette entre deux soins. Bien de bonjour !

Jeanne


Le  13 août an deux mille et trois

à  M. Maurice D.

              

 Cher Maurice,

J’ai bien reçu le billet d’euros, j’avais oublié de vous rassurer mais heureusement tous les facteurs sont pas des voleurs. J’ai préparé le petit colis,  je vais l’envoyer ces jours-ci pour qu’il arrive après le 15 comme vous avez demandé.

ci c’est toujours la canicule, comme partout. Le Raffarin va être content, le problème des retraites se règle tout seul avec tous ces vieux qui meurent dans les hospices. Vous inquiétez pas pour moi, dans mon troglodyte je crains rien, on a 13 degrés tout le temps, je suis même obligée de garder mes deux gilets. Soyez bien prudent avec votre pontage que la chaleur fasse pas péter les soudures et surtout buvez beaucoup que le sang circule.  Moi je ne vais au jardin  que le matin de bonne heure, le reste du temps je classe les journaux qui parlent de moi et je réponds aux admirateurs et à ma famille présumée.

Je vous joins une lettre des Chassebœuf, ils ont été assez malins, mais ils ont fait comme vous, ils sont arrivés chez le voisin. Pourtant je fais rien pour me vanter mais comme la buraliste a vendu 70 livres, ça  doit commencer à jaser dans le bourg. Je vous ai fait faire une photocopie de l’article du Petit Courrier, c’est moins long  que dans Télérama ou le  Matricule des Anges mais c’est plus lu dans la contrée. J’ai aussi reçu La Feuille du Lot-et-Garonne.  La dame m’écrit qu’elle en parle à des gens de Libération et du Canard Enchaîné, quelle histoire. Dans La Vie, je sais pas,  personne m’en a parlé encore.

Voilà les nouvelles. Il y a des jeunes de par ici qui veulent faire un spectacle avec tout ça, on verra bien.

J’ai bricolé un petit cadeau pour Elsa, j’espère que ça lui sera utile. Je vous recopie la lettre que je lui envoie mais lui dites rien, à cet âge-là on n’aime pas que la famille lise son courrier.

Voilà, en m’excusant de vous avoir laissé aussi longtemps sans nouvelles, j’espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé de même que votre épouse que vous embrasserez de ma part,

 Ernestine Chassebœuf                                                                                                         

 Illustration de Quentin Faucompré  


Ernestine écrit partout  Vol.3, page 58
(...)Moi j'ai eu ça à une époque, j'avais laissé les allées du jardin pleines d'herbe, j'avais plus de goût à rien. J'ai été voir le Docteur Bourgeon à Saint Rémy, il m'a dit que c'était une petite déprime et il m'a fait prendre du roundope pour mes allées, je l'ai fait et après ça été mieux.(...)


Depuis cette époque Ernestine a évolué. Elle a découvert comme beaucoup de consommateurs qu’elle avait été abusée par Monsanto : le round-up n’est pas un herbicide inoffensif pour l’environnement mais une catastrophe écologique et humaine à l’échelle mondiale.


Le 25 août  2004

à Madame Zizine

 

Chère madame

J’ai eu votre lettre au mois de juillet mais je n’ai pas été bien vaillante pour répondre, surtout à cause de mes pieds. C’est pas avec eux que j’écris mais quand je les ai dans la bassine impossible de me déplacer pour prendre le dictionnaire ou autre.

J’ai bien connu  M. et Mme K. pendant qu’ils étaient à Coutures, ils venaient me voir pour oublier un moment leur voisin. Ça les a bien déprimés d’être obligés de quitter leur cave littéraire, surtout après avoir fait tous ces travaux. Ils avaient pas bien le moral à cette époque. Je ne vous raconte pas toutes les histoires de voisinage, vous savez ce que c’est avec votre histoire de cheval. Voilà, je n’ai pas d’autres nouvelles que ce qu’il y a dans le tome 2. Ils veulent me faire un tome 3 avec mes écritures mais c’est pas sûr parce que je fatigue, on verra ça.

 Voilà, je voulais aussi vous demander si vous êtes parente avec le Docteur Zizine qui faisait des médicaments pour les boyaux dérangés. C’était dans une boîte rouge en fer, ma mère en avait une, elle enfouissait ses deux louis d’or sous le médicament, c’est tout ce qu’elle avait économisé dans toute sa vie.

Merci de votre courrier, aujourd’hui il pleut un peu, mais à Saint-Mathurin je ne sais pas, le climat est différent et j’espère que ma lettre vous trouvera de même

Ernestine Chassebœuf


Ernestine écrit partout Vol.2, page 66
(...)C'est l'été soignez vos pieds gonglés. Moi ça fait depuis l'été 1945 que j'ai une maladie des orteils que personne connaît, alors quand j'entends parler de quelque chose de nouveau, vous pensez si ça m'intéresse. Voilà ce que ça me fait, ça commence vers le 21 juin, donc c'est bien l'été, au début c'est plutôt joli, c'est les ongles qui prennent toutes les couleurs de l'arc en ciel, le pouce rouge, et les autres ongles jaune, vert, bleu et violet, ça change tous les jours, mais c'est au bout de 15 jours que ça se gâte, ça devient kaki puis noir, et quand les ongles tombent ça sent mauvais parce que c'est un peu pourri par en-dessous(...)

             Dédicace du catalogue d'exposition                                                                                                     

Le  23 septembre 2004

à  Monsieur  Lemond Jules

 

Cher  Monsieur,

Je ne savais pas que vous étiez en maison de retraite pour les alzeimerts, je suppose que c’est ça puisque vous vous souvenez plus de votre nom, un coup c’est  Mond, un coup c’est Lemond. En plus vous m’appelez Célestine, heureusement il n’y a qu’une Chassebœuf à Coutures, le facteur a pas pu se tromper. Moi aussi je connais un vieux facteur, c’est Jules Mougin*, il va bien  merci malgré la mort de Jeanne il y a bientôt un an. Pour répondre à vos questions je vais bien, Coutures aussi.

C’était la fête des artichauts dimanche dernier, j’en ai mangé deux pour marquer le coup, avec du grolleau ça passe bien, je fais une petite sauce avec du yaourt pour éviter la crème, m’en faut pas.

Moi je ne désespère pas des hommes politiques vu que je n’en ai jamais espéré grand chose. Ils regrettent tellement de nous avoir donné les congés payés et les assurances sociales qu’ils ne seront contents que quand ils les auront repris.

Ici non plus pas de canicule. Dommage, moi aussi j’aurais pu me faire choyer par un indien mais pas discuter avec lui je ne parle pas la langue indienne, sauf hugh qu’on voit dans les livres pour enfants, mais c’est trop limité pour une conversation sérieuse. Bien contente d’avoir eu des nouvelles, de vous et de vos pieds, c’est un gonglage, vous aussi ?

Ils vont faire un spectacle sur mes lettres, je vous envoie une carte postale amusante et  j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

(...)Il dit qu’il a couché avec moi mais c’était exceptionnel et on n’avait plus l’âge de faire des folies, c’était que du sommeil réparateur, rien de plus,(...)  


Le  23 septembre 2004 

à Monsieur  Rembrandt L.

 

Cher  Monsieur ,

Je vous remercie de votre lettre qui m’a fait bien plaisir de la recevoir.  Surtout votre petit nom  Rembrandt, j’espère que vous savez peindre un peu.  Moi ça me travaille un peu de ce côté-là, je crois que je vais me faire acheter des couleurs. J’ai eu une gentille lettre de Monsieur Cueco le peintre, ça faisait deux peintres en deux jours en vous comptant.

J’espère que vous êtes bien remis de votre opération. Maintenant ils vous donnent des produits pour éviter d’avoir mal. Autrefois fallait supporter la douleur, puisque le Bon Dieu l’avait voulu, on n’avait rien à dire. Vous avez raison d’écrire aux gens qui vous embêtent, mais méfiez-vous quand on commence on peut plus s’arrêter et ça finit par coûter cher en timbres. Votre idée pour les chemins de fer, c’est fort et c’est pourtant vrai. Pour la guerre en hélicoptère ça s’est calmé depuis mes lettres, mais faut pas lâcher la pression, ils mettent leurs couloirs aériens surtout au-dessus de ceux qui ne se plaignent jamais.

Pour mes tomates c’est comme vous, c’est minable. Pourtant c’est des vieilles variétés que je sème moi-même, elles étaient pas belles du tout. Il y aura bientôt un spectacle avec mes lettres par des jeunes d’Angers, j’espère que ce sera réussi, je vous envoie la carte,

Merci de m’avoir écrit, je suis désolée pour  votre cicatrice et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  17 février 2005

Cher Pablo,

 

J’ai été un moment avant de te répondre, j’ai plein de lettres à faire en ce moment, et en plus j’ai des admiratrices qui me demandent des photos dédicacées. Mais je trouverai bien le temps de faire quelque chose pour ton grand-père, d’autant plus qu’il ne me connaît pas puisque ma caisse c’est l’assurance agricole et ça rembourse mal.

On n’y est jamais assez malade pour avoir le 100 pour cent, si on a comme moi 20 maladies à 5 pour cent, ça fait pas pour autant le remboursement complet et c’est pas juste.

Je t’enverrai quelque chose vers le 10 mars pour l’instant je réfléchis encore, je t’embrasse et j’espère que ma lettre te trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

Clic !  


Le  14 avril  2005

à  Monsieur Rembrandt L.

 

Cher  Monsieur ,

Merci pour votre courrier et pour l’enveloppe timbrée, j’en avais déjà une de votre part en attente mais je n’avais pas trop envie d’écrire ces derniers temps, du jardinage en retard et un peu de soucis de santé ce qui est normal à mon âge. J’ai entendu à la radio que les vieux devaient manger plus parce qu’on est comme des vieilles  voitures  à mesure qu’on  se détériore  on  consomme plus. Depuis je reprends de tout deux fois et pour l’instant il n’y a pas d’effet visible sauf  que je m’endors avant d’avoir le temps de commencer la vaisselle.

Le petit Quinquin*, c’est une belle chanson, je me demande si Raoul de Godewarsvelde la chantait pas, je crois mais c’est pas sûr.  Je vous embrasse, j’espère que vous avez un beau jardin, chez moi j’ai tout fait en retard cette année et j’espère que cette lettre ne vous trouvera  pas de même,

Ernestine Chassebœuf

* Le ch'tit quinquin d'Alexandre Desrousseaux 1853


Le  12 mai 2005

à  Madame R.  Marie-Paule

 

Chère Madame,

Merci beaucoup de votre lettre et des deux timbres pour la réponse mais  pour l’instant je ne répondrai qu’une fois, je vous renvoie donc le deuxième.  Si vous n’êtes pas en bonne santé ça vous servira à expédier vos feuilles à la sécurité sociale, maintenant on n’a plus la franchise postale comme avant  quand ils n’avaient pas encore le projet de vendre la Poste aux américains, mais c’est pas ça qui fera arriver le courrier plus vite, je suppose. J’espère que vous allez mieux et que vous êtes sortie de votre attaque.  Pour le premier livre de mes lettres Ernestine écrit partout volume 1, il est toujours en vente et ça se vend bien, merci. Il y a même un spectacle, j’espère qu’il descendra à Montauban pour que vous puissez le voir. Chez nous à la campagne, le montauban* c’était plutôt une sorte de fauteuil mais pour l’instant j’essaie encore de m’en passer et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Je vous embrasse,

 Ernestine Chassebœuf

* Fauteuil d'aisance ou chaise percée


Maladies diplomatiques ?


Chers amis

J’ai bien eu votre invitation en mon honneur, malheureusement je pourrai pas venir. Je suis tombée dans le jardin à cause des gens de la tévé 10 qui ont placé une vieille une brouette en fer pour la filmer. Comme je l’ai pas vue je me suis butée dedans en allant arroser. J’arrose la nuit pour que ça évapore moins.  En plus comme l’été arrive j’ai déjà le gonglage des pieds qui commence, et c’est dur.  

Vous ferez bien votre cocktail sans moi, le principal c’est qu’il y ait assez à boire, je vous souhaite une bonne soirée et j’espère que pour moi ça sera de même,

Ernestine


Le 20 décembre 2001

  Monsieur et Madame,

 

Par la présente je vous avertis que je pourrai pas aller à votre vente de livres en cuir précieux. D’abord j’ai tout changé mes francs contre des sacs d’euros et maintenant on veut que j’attende janvier pour payer avec. Comme mes affaires vont pas mieux avec les chèques postaux, je peux pas faire de chèques non plus, alors j’achète plus rien. Heureusement  je reste pas un jour sans qu’on m’apporte des crottes en chocolat. Avec ça et des paquets de nouilles, je pourrai tenir jusqu’au premier janvier, vous tracassez pas pour moi. En plus je suis encore obligée de finir une couvée de canards à cause des coupures d’électricité et du temps glacial inhérent à la saison. La cane s’était mise à couver, mais comme j’ai de la famille pour  Noël et rien à manger, a bien fallu, et c’était pas de gaîté de cœur, croyez-moi.  Tout ça pour vous dire que je suis encore bloquée au lit pour quelques jours, alors m’attendez pas.  Vous m’aviez dit qu’un  Monsieur L. faisait signer ma pétition, alors  si c’est bien le même, demandez-lui ce qu’il en est parce qu’on a toujours besoin d’aide et j’espère que cette lettre vous trouvera de même, et la bonne année également,

 Ernestine Chassebœuf


Le 28 juin  2005

à Théâtre en plein air

                                                                         

Monsieur ou Madame,

 Faudra m’excuser auprès des spectateurs mais je ne pourrai pas assister à la pièce de théâtre de la Compagnie Mêtis à Coulanges-la-Vineuse. J’aurais bien voulu, mais d’abord ça fait loin à mon âge, et en plus si la canicule continue je préfère rester dans ma maison troglodyte avec la climatisation naturelle. C’est bon pour conserver les vieilles personnes et les vieilles bouteilles. On peut les faire vieillir, les unes et les autres, mais si on les sort trop brutalement à la chaleur, ça relance la fermentation et c’est dangereux, surtout pour le vin.

C’est vrai qu’il y a aussi du bon vin par chez vous, comme votre nom l’indique. On en a bu pour mes quatre-vingt-dix ans, du chablis, ça m’a fait fâcher avec tous les viticulteurs de la famille Chassebœuf. Pour les vins d’honneur ils ne jurent que par l’Anjou, les coteaux de l’Aubance, les coteaux du Layon et le Bonnezeaux, si on boit autre chose c’est comme si on couchait avec l’ennemi. Moi je dis qu’on ne doit pas être sectaire, il y a des bonnes choses partout. Mon dernier vin d’honneur je crois que je le ferai exprès au chablis et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

  Ernestine Chassebœuf


Le 5 juillet 2005

à Martine à Cumeray

 

Chère Martine,

Je ne pourrai pas être parmi vous pour votre fête de sexagénaire et je m’en excuse à cause de ma fatigue et de mes pieds gonglés. En plus je suis en train de trier des papiers pour faire le ménage et un troisième volume d’Ernestine écrit partout et ça me prend du temps. Je sais pas si c’est moi qui baisse ou les curés qui changent mais on m’a dit que celui de Coutures en a acheté plusieurs au bureau de tabac pour faire des cadeaux, je crois que c’est un maso-schiste comme ceux qui aiment se faire du mal en se tapant avec des bouts d’ardoise.

J’avais rien à vous offrir mais j’ai trouvé un modèle dans une vieille revue pour vous fabriquer un cadeau. J’ai demandé à mon voisin mais il m'a répondu que je m’y prenais trop tard, qu’il partait en vacances et que donc il ne serait pas là lui non plus pour votre fête. Donc faudra demander à Benoît, comme il est bricoleur, il fera ça en trois coups de cuillère à pot. C’est juste un appareil pour éviter la canicule, à nos âges vaut mieux y faire attention, avec tout ce qu’on voit.

Je vous embrasse, je vous souhaite une bonne retraite si vous la prenez, sinon des vacances bien ventilées et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
 

Ernestine Chassebœuf


... A propos de la mort

Ernestine écrit partout Vol.2, page 137
(...)Si vous lisez le Petit Courrier le dimanche vous avez vu qu’ils ont parlé de moi hier, ils m’ont mis aussi dans le Télérama de cette semaine, j’espère que ça va pas m’amener trop de touristes, j’ai presque plus de grolleau et je vais pas leur ouvrir du vieux Bonnezeaux, je le garde pour mon enterrement. A nos âges même si on est pas trop pessimistes faut bien commencer à y penser. Je me suis fait faire une petite armoire en bois blanc de 1 mètre 70 sur 50 cm, avec les étagères mobiles. Normalement je devrais pouvoir me faire incinérer dedans, j’ai demandé au menuisier de faire ce qu’il faut pour que ça soit aux normes. Je veux pas être enterrée pour aller polluer la nappe phréatique, il y a assez d’élevages de cochons pour ça.(...)


Le 16 décembre an deux mille


à Mme Anne Uguen, Responsable des obsèques
Dossier numéro 196413
 

Madame,

Faudra m'excuser d'avoir pas tout lu les petites lettres sur vos réclames. Vous c'est pareil, vous avez pas fait attention, vous m'appelez Ermeline, mais c'est Ernestine, c'est plus commun mais j'y tiens quand même. Ermeline c'est le nom de la sœur de la comtesse quand mon mari s'occupait des vaches du château. Quand on a pris une ferme à nous c'est comme ça qu'on a appelé la jument, en souvenir.
Je suis étonnée de voir que vous ne voulez pas de mon inscription, vu que les obsèques, c'est quand même les plus âgées que ça concerne d'abord. Que la mort laisse donc les jeunes tranquilles, ça fait trop de malheurs dans les familles. Moi des fois je me dis que la grande faucheuse m'a oubliée, ça arrive des fois, quand la faucheuse est passée, on voit des brins de foin qui se relèvent. La mort, je l'ai vue de près bien des fois, mais je vois bien que si des spécialistes comme vous ne veulent pas de moi c'est que j'en ai encore pour quelques années, mais pas assez pour que ma cotisation vous intéresse. Pour ce que vous me dites de l'épargne et des assurances contre la vie, ça m'intéresse pas, j'ai juste le minimum vieillesse et j'économise un peu de sous pour ma crémation. Comme je voudrais que ça soit au feu de bois comme en Inde, ça coûte plus cher, mais c'est mieux pour la couche d'ozone et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

 Ernestine Chassebœuf


(...)J'ai bien reçu votre lettre, si vous avez 100 mètres à faire pour la boîte à lettres, faut faire attention avec le coupe-papier, on trébuche et c'est l'accident et souvent avec les crimes de coupe-papiers ils refusent le permis d'inhumer, je l'ai lu dans Agatha Christie. Moi, la boîte à lettres elle est pas si loin, heureusement sinon avec mes pieds gonglés je sais pas comment je pourrais faire.


Je suis contente que mon livre vous ait plu, c'est une amie qui me l'a fait au laser, avec le laser on peut aussi soigner les dents ou la cataracte, c'est une belle invention, sûrement aussi importante que la moissonneuse, faudra que j'économise pour m'en acheter un. Pour l'encre violette c'est facile, je la fais en mettant un peu de mercurochrome dans de la bleue ordinaire, la bleue pure, je trouve ça trop triste. Faut m'excuser pour le titre qu'a changé, je l'ai recopié de mémoire pour mon imprimeuse et la mémoire à mon âge c'est pas ce que j'ai de mieux, après 80, vous verrez, ça se barre de partout, à se demander s'il faudra pas plusieurs cercueils, enfin, pensons à des choses plus gaies.(...)

Ernestine écrit partout Vol.2, page144 (...)Au club il y en a une que ça avait rendue un peu jalouse, mais malheureusement la canicule est passée par là et elle avait pas la chance comme moi d’habiter un troglo, 13 degrés, hiver comme été, ça conserve. On l’a enterrée la semaine dernière. Les autres amies vont bien, je vous remercie.(...)


Le  9 juin 2004

à Voyages Bochereau

                                                          

Cher   monsieur ou madame,

Je ne suis pas sûre que vous organisez des voyages aussi loin, mais comme j’ai déjà eu affaire à vous, je vous écris pour un voyage en Inde parce que je m’intéresse à la cramation des corps humains. Vous verrez quand vous aurez un âge avancé, on pense plus souvent à ça qu’à l’amour ou aux petits oiseaux.

Donc c’est pour savoir si vous pouvez m’organiser un voyage en Inde pour aller voir cette cérémonie avant de mourir moi-même, j’ai lu dans Jules Verne que là-bas ils faisaient comme ça. Pour l’instant j’aurai juste besoin de comparer les prix du voyage alors j’écris à plusieurs. Ça serait pour un voyage aller simple et je voudrais savoir combien on sera dans l’avion et combien il va brûler de carburant pour parcourir tous ces kilomètres, c’est pour faire une étude, et c’est urgent.

Merci de votre réponse, j’espère que mes questions ne sont pas trop indiscrètes, et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  9 juin 2004


à Musée des vieux avions de Marcé

Monsieur Ravel,
 

On m’a dit que vous êtes un spécialiste et que vous pourrez répondre à mes questions sur les avions modernes parce que vous avez été pilote à ce qu’il paraît. C’est parce que je m’intéresse à la cramation des corps humains et que je voudrais faire un voyage en Inde pour aller voir cette cérémonie comme j’ai lu dans Jules Verne. Je ne voudrais pas trop détruire la couche d’ozone avec mon voyage, on nous fait tellement peur avec ça que je voudrais savoir combien ça consomme de carburant par personne de faire un voyage là-bas en aller simple, et si on peut partir de Marcé pour éviter de prendre le train jusqu’à Paris. J’ai regardé sur le globe terrestre, si on passe par Paris, ça rallonge.

Merci de votre réponse urgente, comptez ça grosso modo, on est pas à quelques litres près, c’est juste pour avoir une idée et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,
 

Ernestine Chassebœuf


Le 5 février 2005
 

Chère Ernestine,
J'ai demandé de vos nouvelles à Coutures, on m'a dit de vous demander directement et que j'aurais une réponse. En tout cas, qui que vous soyez, je vous félicite pour votre humour. J'espère que cette carte vous trouvera de même.
Amitiés

Monique C.


Le  17 février 2005

à  Monique C.

 

Chère  Madame,

On vous a bien renseignée à Coutures. Je ne suis pas dans l’annuaire parce que je n’ai pas le téléphone. Ça embête tout le monde sauf moi. Ce que je voudrais surtout c’est que si j’ai un malaise ça passe inaperçu et qu’on me mette pas en ranimation pour finir mes jours au lit comme j’ai vu certaines. Je voudrais bien mourir debout si possible mais si j’avais le téléphone ça le serait pas, dès que je répondrais pas  à la minute on m’enverrait les secours. A mon âge vaut mieux prévoir.

Vos félicitations pour mon humour sont pas trop méritées vu que c’est involontaire mais quand on voit ça au théâtre on dirait que c’est fait exprès. Je vous envoie les publicités. Si vous voulez venir à Angers faudra téléphoner à partir du 11 mai au Nouveau Théâtre d’Angers, mais j’ai pas le numéro.

Merci encore de votre carte, j’ai pas compris à quoi ça sert cet appareil mais j’espère que ma lettre vous trouvera  de même,

Ernestine Chassebœuf                                                          


Chemellier, le 8 mai 2006

Chère Ernestine,

C'est en (presque) voisin que je vous écris... Imaginez-vous qu'hier, en faisant mes courses à Brissac, j'ai découvert le troisième volume de vos lettres de rouspétance. Je l'ai bien sûr acheté, ce qui m'évitera de l'emprunter à la bibliothèque (surtout si ça devient payant). J'y ai appris que vous aviez disparu ! Rassurez-moi vite ! Je ne saurais me faire à cette inéluctable et funeste idée aussi vite... Notre regretté Frédéric Dard avait imaginé mourir à 120 ans sous les balles d'un mari jaloux... N'est-ce pas une idée, quoiqu'un peu violente, ... à creuser ?

Cela dit, vos lettres de 2005 semblaient bien sombres... Peut-être est-ce dû à l'âge bien que vous soyez une jouvencelle à côté de Jeanne Calment... Des troglodytes d'encore en dessous, outre leur étroitesse (ils sont faits sur mesure), vous ne connaissez que l'appartement témoin... Pensez-y car à priori, on y aménage pour longtemps, bien qu'il y aurait eu une exception il y a 2000 ans environ, mais qui est discutée...

J'espère avoir de vos (bonnes) nouvelles... vos héritiers ou  autres ayants droits ayant le temps d'attendre...

Amicalement

 

Jean-Claude M

P.S. Si votre troglo est libre, je suis toujours intéressé...


Décembre 2012

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