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Ouatères

O   Q   P   !    

 Le 26 décembre an deux mille
 

à M. G., Pâtissier en chocolat

 

Monsieur,

Mes voisins m'ont invitée pour Noël, souvent ils font ça, comme je suis vieille, c'est une coutume. Ils avaient fait des frais : huîtres, canard aux marrons, fromage et comme dessert un gâteau au chocolat de chez vous, une sorte de bûche, j'ai regardé discrètement l'adresse sur la boîte pour vous écrire. C'est pas pour me plaindre, j'ai que des félicitations à vous faire, c'était fameux, ça dû leur coûter bonbon. Le problème c'est le petit cadeau doré qu'était accroché dessus, la voisine elle s'est piqué le doigt avec la ferraille verte quand elle l'a défait pour me l'offrir, vu que j'étais la reine de la fête, étant la doyenne comme j'ai dit ci-dessus. Pendant qu'elle se soignait le doigt, j'ai mangé la guimauve qu'était dedans, mais autant le gâteau était bon, autant la guimauve était dure. Je l'ai avalée discrètement pour pas les fâcher, mais ça m'a ballonnée et depuis j'ai des problèmes aux waters, excusez les détails, mais ça flotte sur l'eau même quand je tire la chasse, pour nettoyer l'eau je suis obligée de prendre l'écumoire, sans compter qu'il faut la faire bouillir après à cause des bacilles de Koch ou d'autres microbes qu'on connaît pas, mais c'est plus sûr. J'ai montré ça au docteur Bourgeon de Saint-Rémy, il m'a dit que ça devait être une crise de polystyrose, avec ma polyarthrite, il me manquait plus que ça.
Donc si je vous ai écrit, c'est pour vous dire de mettre de la guimauve plus fraîche la prochaine fois et de l'accrocher avec du fil de fer comestible, si ça existe, pour qu'on se pique pas avec, et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Plus loin, décembre 2005
 

Cher Fabrice,

Je suis bien contente d’avoir à vous faire une lettre, parce qu’on a un point commun tous les deux, à ce qu’on m’a dit. C’est pas à cause de votre travail rue Louis Gain, ça j’y connais rien, c’est à cause de la mésaventure qui vous est arrivée quand la porte des ouatères s’est coincée. Ça m’est arrivé aussi et pourtant c’était des ouatères au fond du jardin. C’est à cause d’une vache, la noiraude, qui avait l’habitude de me suivre partout et qui s’était couchée devant la porte pour m’attendre. Il a fallu trois heures avant qu’on vienne me délivrer, mais pas besoin que Philippe casse la porte comme pour vous, heureusement.
Je pense que je ne vous ai pas rappelé un souvenir trop douloureux et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Ailleurs, décembre 2005
 

Cher Jean-Luc,

On m’a dit que votre travail c’était de vous occuper des histoires de qualité du PeQ de la mairie. Je ne me doutais pas qu’il y avait une personne qui ne s’occupait que de ça. C’est vrai que vous si êtes plusieurs milliers à travailler pour la mairie, ça doit en faire beaucoup de rouleaux chaque jour.
Si vous vous occupez aussi de la qualité des melons, faut que la queue se détache toute seule, c’est comme ça qu’on voit que c’est mûr et puisqu’il parait que vous aimez soigner les poules, je vous aurais bien dit de passer à Coutures voir les miennes, ça fait un moment que je suis partie de chez moi, elles me manquent beaucoup et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


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