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Du côté des lecteurs

 

Ernestine écrit partout Vol.3, page 99

(...)J’ai bien reçu votre courrier et je suis bien contente que mes écrits vous réjouissent autant. Je les ai plutôt envoyés pour râler, mais c’est curieux comme ça fait plutôt rire.  Si mes destinataires rigolent aussi ça explique pourquoi ils ne me répondent pas souvent.(...)


Le 16 juin 2003

Ma chère Ernestine,

J'ai lu tous vos livres (les deux). Très chère, vous faites, quoique l' âge avançant d'année en année, la preuve que vous avez l'œil sur tout et surtout que vous avez le courage, seule, de combattre les institutions, les paroles de bois... voire muettes. Je vous encourage à continuer le combat et à le gagner ! Moi, j'ai perdu la guerre de 1968. Qui sait ? Peut-être, grâce à vous, nous gagnerons celle du 21ième siècle.

Sincère admiration,

Votre dévoué Jules Mond

Réponse d'Ernestine le 18 juin 2003 à lire dans Ernestine écrit partout Vol.3, page 74

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Le premier août 2003


à Monsieur Clément M., libraire estival
 

Cher monsieur,

J’ai bien reçu votre gentille lettre avec le Charlie Hebdo dans l’enveloppe. Je l’avais déjà lu. Je l’achète de temps en temps pour remercier Cavanna d’avoir parlé de ma Brouette quand elle était sortie en librairie. Vous inquiétez pas, je le passerai à Jules, il l’achète plus depuis que Val est passé du côté des va-t-en guerre, mais il le lit en douce quand on lui passe , ne le dites à personne, il veut pas que ça se sache).

Vous avez dû lire le Télérama. Y’en a que pour mon voisin dans l’article, mais c’est bien normal, on s’est réparti les tâches, c’est lui qui reçoit les admirateurs, moi je reste tranquille dans mon troglo, j’aime pas trop discuter avec les parisiens. En échange je lui arrose son jardin quand il part en vacances. Si je continue à être célèbre faudra que je lui fasse d’autres gâteries si je veux qu’il continue à faire mon agent littéraire comme on dit en Amérique.

Alors comme ça vous faites libraire l’été, remarquez c’est plus intéressant que marchand de détachant sur les plages, j’avais écrit à Desmarest à l’époque, pas de réponse, je vous fais la copie (Ernestine écrit partout Vol.2, page 68).Vous remercierez votre patronne Danielle de ma part, c’est bien qu’il y ait encore des libraires qui fassent leur travail, merci.
Les lettres de la brouette, elles ont été écrites après celles d’Ernestine écrit partout, on comprend mieux quand on les lit dans l’ordre. Il y aura les lettres de 2000 qui sont presque prêtes, faut que je retrouve mes brouillons et les réponses que j’ai eues. Je vous mets la réponse
de l’auteur de romans policiers,  vous verrez le genre d’individu.
Si vous voulez lire d’autres choses, vous pouvez voir sur l’Internet, il faut faire ernestine chassebœuf, il paraît qu’on peut lire la publicité sur le site des brouettes et d’autres aussi comme le Matricule des Anges à qui j’écris quelquefois et la pétition pour mon cousin Brisset.
Ils m’ont fait aussi un bel article dans le Matricule des Anges de juillet, dites-le à votre patronne. Ils me l’ont envoyé. C’est un journal où on ne parle que de gens pas connus, c’est pour ça qu’ils m’ont mis avec.

Je ne sais pas si je vais aller à Tours, il y a un train qui passe à Saint-Mathurin, mais je suis un peu fatiguée et je ne fais pas les signatures dans les librairies à cause de ça, ou alors il faudrait un tampon. Avec Monsieur Laclavetine on a été en correspondance, vous pouvez lui parler de moi, c’est sûrement un garçon sympathique puisqu’il a été garde-barrière autrefois. Le Jean-Bernard Pouy, c’est son père qui était cheminot, mais il me répond jamais. Je l’entends aux papous dans la tête* depuis que je peux écouter France-Culture. Des réponses à mes lettres j’en ai pas souvent, sauf Julien Gracq qui répond toujours, mais pas la dernière fois, je me demande s’il couve pas quelque chose.
Pour la colle de mauvaise qualité vous tombez bien, j’ai justement écrit à l’imprimerie Floch, je vous recopie la lettre.

Ils font du bon pain chez Mahou ? Ici le pain c’est minable. Quand je veux du bon pain de campagne je me le fais prendre en ville, c’est quand même un comble !
Les illustrations c’est Quentin Faucompré, un petit jeune qui promet, il a même eu un dessin dans Charlie Hebdo l’année dernière, mais c’est pas de ma famille. Il est de Nantes mais je crois qu’il ira loin.
Je vous ai écrit sur des rectos, de toutes façons fallait un gros timbre à cause des copies. J’ai pas de photos mais vous aurez celles de Télérama, ça ira bien. Je leur ai pas mis des récentes, je prends plus bien en photo depuis quelques années, et c’est pas un spectacle pour un jeune.

Mes amitiés à votre maman et à votre patronne, bon courage pour votre librairie , il faut que j’aille soigner mes poules et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

* Émission sur France-Culture



Le 13 février 2004

à  Monsieur B., Docteur en chirurgie dentaire à Dijon

 

Cher monsieur,

J’ai été un peu longue à vous remercier à cause de mes brouillons que je triais pour faire un volume 2 à Ernestine écrit partout. J’y comprends rien, tout le monde en redemande ils en ont vendu bientôt dix mille. Il parait que  Raffarin a fait moins de 3000 avec son dernier livre, mais si on me demande d’être première ministre, c’est tout réfléchi, je dis non, tant pis pour le salaire et les pots de vin.

Dites-moi donc où vous avez vu une critique, j’en fais la collection, mais comme je ne suis pas abonnée aux journaux de la Côte-d’or ça a pu m’échapper. Ça me fait plaisir de savoir que vous étiez dans votre lit avec moi jusqu’à deux heures du matin et que ça vous a fait autant de bien que les putes, je suis très flattée. A mon âge, c’est des compliments qu’on ne me fait plus.  J’espère que le volume deux ne vous décevra pas, ça m’inquiète un peu. Pour votre demande, je suis désolée mais je n’ai plus d’exemplaires à donner, l’éditeur est généreux mais il m’a dit qu’il y avait des limites, j’en ai envoyé un peu beaucoup, à mon âge on a pas mal de famille. Si on avait été plus près je vous en aurais acheté un contre une révision de mon dentier. Je garde quand même vos timbres et je vous envoie mon petit dictionnaire de patois pour apprendre la langue si vous venez en vacances par ici. Je vous fais une dédicace à part sur un carton,

Je vous embrasse généreusement et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  17 mars 2004

à  Madame S. à Savenay

 

Chère madame,

J’ai bien reçu votre lettre et votre carte postale du bourg de Savenay. J’avais déjà vu ce nom là, je crois même qu’un jour on s’est arrêtés  boire un coup avec la citroën en allant aux moules à La Baule. Manque de chance il n’y avait pas de rochers à La Baule, que du sable. On a passé le bac à Mindin pour aller pêcher à Saint-Brévin et quand on est arrivés c’était marée haute, on est revenus sans rien, que des coups de soleil. Votre bourg est assez joli et vous avez de la chance d’avoir une librairie. Ici c’est qu’un tabac-journaux et comme livre il n’y a que le mien, mais c’est déjà pas mal. Il y aura bientôt un nouveau livre d’Ernestine écrit partout. Vu que tout le monde aime ça, ils ont repris mes brouillons. Vous demanderez à votre petit-fils ce qu’il pense de ma maladie des pieds quand il l’aura lu, mais faut attendre le mois de mai. Pour l’allure masculine c’est fini. J’ai une mousse à raser pas chère et j’ai retrouvé ma peau de jeune fille, ça sera aussi dans le tome deux. Vous remercierez madame S. pour son livre sur les abats. Rassurez-vous, j’en mange souvent. C’est pas trop cher et à Saint-Mathurin on peut avoir confiance, c’est pas du bœuf carnivore.

Je vous envoie deux petits livres, un pour vous et un pour madame S., bonjour à vos voisines et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine  Chassebœuf    


Le 19 juillet 2004

à Madame  Michèle T.

 

Chère  Madame,

Merci de votre courrier du mois de mai et excusez moi du retard j’ai eu des petits problèmes avec mes pieds mais maintenant ça va mieux, j’ai repris le jardinage. Je vous remercie de la photo de votre village avec le château du Marquis de Sade. Nous ici à Coutures on n’a que le  château de Du Guesclin c’est moins chic mais on le voit de loin. On a eu aussi un  Alphonse T.  autrefois, vers Montreuil-Bellay. Il a écrit des livres sur les animaux, je ne sais pas si c’est de votre famille.

Encore merci de votre lettre, je suis contente  de savoir qu’on me lit aussi loin et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 24 août  2004

à Mlle G. à Quimper

 

Mademoiselle et chère Véronique,

J’ai un peu tardé à répondre, je commence à recevoir pas mal de lettres et avec mes pieds, c’est pas facile de répondre. C’est surtout parce que je dois les garder longtemps dans la bassine avec le produit et c’est pas facile d’écrire avec les pieds dans l’eau, sauf à la mer comme vous.

Je suis bien contente pour vous que vous ayez habité Beaufort, c’est un joli village. Je n’y connais plus personne. Je vois quelquefois le Taugourdeau dans le journal mais je ne sais pas s’il est parent avec celui du rimiau  d’Emile Joulain*.  Je suis bien contente aussi que mes livres vous aient plus, ils veulent en faire un troisième en fouillant dans mes papiers ils ont dit qu’il y aurait de quoi, on verra ça, parce que je fatigue un peu vu mon âge. Vous c’est pas pareil, à 29 ans il est encore temps de tout faire. Trouvez-vous donc un bon breton bien gentil, il parait qu’ils sont pas tous alcooliques, loin de là, faut pas croire tout ce qu’on dit et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

* Emile Joulain, poète patoisant de Mazé, en Maine-et-Loire


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Mail de Nicolas.B

Envoyé : lundi 6 décembre 2004 21:50

Objet : petit bonjour auvergnat

 

Bonjour Madame Chassebœuf,

Tout d'abord, j'aimerais vous faire un grand bravo pour vos lettres que j'ai dévorées. J'espère que l'hiver n'est pas trop froid et que vos pieds vont bien. Avez vous réussi à faire surélever votre maison pour cet hiver ? En espérant que ce mail vous trouvera réchauffée de même.

Coridalement

Nicolas B.


Cher Monsieur, on m'a transmis votre petit mot vu que je n'ai pas d'appareil à mèle chez moi. Les claviers je n'y connais rien et j'ai les doigts trop gros comme vous devez bien le penser. Je me demande bien comment on peut me retrouver avec cette machine quand on habite au centre de la France !

Ici tout va bien, il fait moins froid que dans les contes de noël d’Henri Pourrat que j'ai empruntés à la bibliothèque, je sais que ça se passe par chez vous.

Un jour j'ai failli écrire une lettre en Auvergne pour me plaindre de l'individu qui se croit propriétaire des volcans d'Auvergne et qui ne veut pas qu'on les montre en photo, mais je n’avais pas son adresse. Les volcans d'Auvergne ils existaient bien avant lui et ils resteront bien après. Il parait qu'ils sont dangereux, ça peut se réveiller un jour, il devrait pas avoir le droit de garder ça chez lui. Si ça lui appartient vraiment faudrait lui demander de les mettre aux normes de sécurité. Ecrivez-lui de ma part si vous connaissez le nom de cet imbécile et je suis sûre que ce petit mot ne vous trouvera pas de même...

Ernestine Chassebœuf


Réponse dans Ernestine écrit partout Vol.3, page 106

Le  7 juin 2005

Cher  Monsieur R.

Ça me fait drôle de vous appeler comme ça parce que j’ai connu un R. qui faisait forgeron à Quincé. Des fois il nous prêtait sa fourgonnette quand on avait un veau à vendre un peu loin. Le monde est petit, c’est peut-être un parent à vous. Ça m’a fait drôle aussi que vous mettiez écrivaine sur l’enveloppe, c’est trop flatteur pour une vieille femme comme moi qui n’a que son certificat et si je devais le repasser je crois que calerais sur les dates d’histoire, j’ai presque tout oublié. Vous êtes bien le premier à me dire que c’est cher, des livres à 9 euros, on pourrait bien en dire autant de vos fromages de bique qu’on ne peut manger qu’une fois alors que les livres pour l’instant ils nous font pas payer pour les relire. J’ai bien ri avec votre histoire de vétérinaire, mais avez-vous payé la note ?  Moi j’ai un fromager admirateur qui me fait que des cadeaux depuis qu’il s’est retrouvé dans le livre d’Ernestine écrit partout. Il me met de côté tous les fromages qui puent le plus et des fois c’est dur. Encore merci beaucoup de votre admiration et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

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Le 16 juin 2005
 


à Madame B. de Cholet

Chère  madame,

Merci beaucoup pour votre lettre d’encouragements et tant mieux si vous lisez mes livres en famille, ça me fait plaisir, c’est pas souvent qu’on me félicite dans les Mauges. C’est comme dans la Brière, ils ont vu le spectacle de la Compagnie Mêtis, mais il parait que ça ne les a pas fait trop rire. C’est peut-être à cause de la lettre sur l’évêque d’Angers, pourtant il est tellement bien imité qu’on dirait le pape, celui d’avant. Pour votre invitation à aller boire un café, je n’ai rien contre vous mais je vous dis non tout de suite, je ne sors plus en ce moment, je reste au frais à attendre le 21* savoir si ça va me reprendre.
Pour les carambars j’ai arrêté d’en manger à cause du sucre, et aussi des blagues qui ne me font plus rire, sauf celles qui sont coupées en deux parce que c’est amusant d’essayer de trouver le début.
Vous avez bien raison d’aller dans les bibliothèques, dans les années à venir, ça va faire comme pour les postes et les trains, ils vont les vendre aux marchands, faudra avoir l’œil. Je vous y souhaite des bonnes lectures et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

* Ernestine écrit partout Vol2, page 66 : Tous les 21 juin Ernestine commence à avoir les pieds qui gonglent

 


Le  2 août 2005

à  Valérie P.  de la Dordogne

 

Chère  Valérie,

J’écris Valérie parce que je ne sais pas si vous êtes dame ou demoiselle, c’est plus familier mais plus sympathique aussi. Je viens juste de recevoir aujourd’hui 2 août votre lettre écrite en Crète le 5 mai. Le tampon de la poste grecque est bien lisible sauf les lettres qui sont russes mais les chiffres sont arabes comme chez nous et ça fait bien foi que le 11 mai le facteur grec a tamponné. Comme votre 49 ressemblait à un 42 c’est parti à La Grand-Croix dans la Loire, 42320. C’est arrivé le 17 mai, reparti le 18, rien à dire. Mais depuis le 18 mai on se demande bien ce qui c’est passé. Ça fait deux mois et demi pour descendre la Loire qui fait 1000 km moins 150 pour aller d’ici à la mer, ça fait 850 km en 75 jours, c’est vrai qu’avec la sécheresse le courant n’est pas très fort. Faut pas trop se plaindre ils auraient pu aussi perdre la lettre en s’échouant sur un banc de sable et je n’aurais pas entre les mains votre magnifique photo de brouettes crétoises que je vais mettre dans ma collection. Il y a un  neveu de mon voisin qui m’en offert des japonaises, mais c’est des dessins en couleurs sur du beau papier fabriqué là-bas où il habite.

Voilà, encore merci pour toutes les gentillesses que vous m’avez écrites, passez des bonnes vacances si elles ne sont pas encore finies et  j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  8 août  2005

à  N. C. Paris

 

Chère madame,

Heureusement que vous avez écrit le mot obligée au féminin, sinon je ne saurais pas si c’est une femme ou un homme qui m’a écrit sous les initiales N. C. J’aurais pu supposer que vous étiez une femme à cause du salon de coiffure qui est plutôt chic d’après ce qu’on m’a dit, mais il parait qu’il y a aussi des hommes qui y vont. Chassebœuf c’est moi qui lui coupais les cheveux. On avait une bonne tondeuse électrique pour les moutons, je mettais la grille la plus fine et en moins de rien c’était fait. De toute façon avec la casquette on voyait pas le résultat, sauf le soir au lit mais comme il faisait noir quelle importance ?

Merci d’avoir lu mes livres, ça fait plaisir de savoir que c’est pas imprimé pour rien. Pour votre histoire de mafia je ne peux rien pour vous, je ne connais que  M. Pouy, et encore pas très bien, mais dans la réalité je ne sais pas ce qu’il vaut comme policier ou garde du corps. Vous devriez changer d’identité et vous faire refaire la figure, ou aller habiter dans des contrées où la mafia  va  jamais, comme le Groenland, ou vivre dans un pays où les femmes sont voilées pour pas qu’on vous reconnaisse. Je ne vois que ça comme conseils possibles, merci encore de votre gentille lettre et j’espère que celle-ci vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Chère Madame Ernestine Chassebœuf

D'abord j'aimerais savoir si Chassebœuf c'est ton vrai nom ou si c'est pour faire style que c'est drôle et qu'on te reconnaisse pas dans la rue comme les vrais chanteurs de la télé qu'ont des faux noms ? Sinon, ben c'est pas pour dire mais ils avaient une drôle d'idée ton père et ta mère de t'appeler comme ça parce qu'on dirait une vache avec un fusil. Moi, je m'appelle Virgile. J'ai lu un peu ton livre dans la chambre de mes parents.

Pourquoi t'écris toujours des lettres à tout le monde ? Surtout si c'est pas pour qu'ils te répondent, ça sert à rien. Des fois je comprends rien de ce que tu écris, pourtant c'est bien tapé au PC mais c'est des mots zarbi ( bizarre)  que j'ai pas trouvés dans mon Larousse débutant. Par exemple comme  chatafoin ou adjupette. Si c'est des mots de poésie, moi j'aime pas ça, c'est trop chiant à apprendre. Je me rappelle plus de celles que j'ai apprises au CM2 avec Mme L.

J'ai vu celle que tu as écrite au directeur de Carambars. Est-ce qu'il t'a répondu ? C'est vrai que tu en as mangé 5000 ? Parce que moi, quand je suis à un anniversaire, je peux pas en manger plus de 10 sinon j'ai trop soif après. Si tu veux au prochain anniversaire, je regarderai si il y a des blagues pour adultes et je te les garderai. Ils sont de quelle couleur ?

Bon, il y a mon frère qui m'appelle pour faire un basket avec F. C'est trop fort. Bon  je te laisse, merci de me répondre.

Virgile

 

Au fait est-ce qu'une minicomtesse c'est comme une toute petite princesse ?

Tchaos

@+


Le  23 décembre 2005

 à Virgile F.

 

Mon cher Virgile,

Tu devais croire que je t’avais oublié, ou peut-être même que tu doutais de mon existence comme certains, mais c’est juste que j’ai disparu comme tu pourras le lire dans le volume 3 de mes lettres. Je vais quand même répondre à ta lettre, ça sera mon cadeau de Noël, ça ne coûte qu’un timbre à 53 centimes. Mon nom de Chassebœuf, c’est mon vrai nom de femme mariée, mon nom de jeune fille c’est Troispoux. Tu peux regarder dans les annuaires, j’ai encore de la famille et Chassebœuf c’est aussi le vrai nom de l’écrivain angevin Volney qui a sa rue, mais pas mon cousin putatif Jean-Pierre Brisset, malgré la pétition que j’ai lancée pour ça.

Je suis content de savoir que mon livre est dans la chambre de tes parents, les livres qu’on prend pour les lire au lit c’est ceux qu’on préfère. Tu as tort de ne pas aimer la poésie, mais je suis sur que tu aimes les chansons qui souvent sont des poésies avec de la musique. Pour les carambars, c’est bien vrai l’histoire des 5000 mais c’est toute la famille qui s’y est mise. La minicomtesse c’est une voiture sans permis, il y a un dessin dans le livre. C’est curieux de dire voiture sans permis, alors que c’est les conducteurs qui le passent et pas les véhicules. On devrait dire voiture pour les conducteurs sans permis, ça serait plus long mais plus juste et j’espère que ma lettre te trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 31 décembre 2005

 

Chère madame,

J'espère que votre santé est bonne et je vous souhaite une bonne année 2006 !

Je vous remercie d'avoir eu le plaisir de lire vos livres. Ma fille et ma soeur les ont lus aussi avec plaisir.

Recevez mes meilleurs baisers et surtout bonne santé !

Marie-Paule R.

Le  4 janvier 2006

à  Madame R. Marie-Paule

 

Chère   Madame,

Merci  de vos vœux. Je suis contente de savoir que vous allez mieux. De mon côté ça va bien aussi malgré ma disparition comme vous avez pu le voir dans le volume 3 de mes lettres. Je suis très flattée du plaisir que j’ai pu procurer à votre famille avec mes lettres. Si ça peut vous faire passer un moment agréable j’en suis ravie et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Du fond de ma retraite secrète je vous embrasse et vous adresse tous mes vœux de bonheur et santé pour la nouvelle année,

Ernestine Chassebœuf


A Corné le 2 janvier 2006

Chère Ernestine,

Vous ne me connaissez pas mais moi je vous connais bien, car j'ai lu vos recueils et beaucoup entendu parler de vous. Je voulais d'abord vous féliciter pour toutes ces lettres que vous envoyez encore à votre âge; vous me semblez bien alerte, je trouve cela formidable. J'ai également apprécié vos poèmes rustiques, dans votre style si particulier. je vous écris surtout pour vous souhaiter une bonne année. j'espère que vous ne vous êtes pas sentie trop seule le soir de Noël. Avec toutes ces lettres que vous écrivez, je ne sais pas si vous aurez le temps, mais cela me ferait très plaisir que vous me répondiez. Je n'attends pas une longue lettre, juste un petit mot sera bien. J'aimerais juste avoir de vos nouvelles, puisque en ce moment on entend plus parler de vous.

Je vous quitte en vous souhaitant plein de bonnes choses pour cette nouvelle année et surtout une bonne santé pour pouvoir continuer longtemps à écrire et à vous occuper de votre jardin.

Myriam V.


Le  4 janvier 2006

à  Myriam V.

 

Chère   Myriam,

Merci  de vos vœux. Comme vous le dites je ne vous connais pas et je n’ai pas entendu parler de vous, c’est pourquoi si vous ne m’aviez pas écrit la première je n’aurai pas pu vous souhaiter la bonne année. Ça n’aurait pas été impoli de ma part vu que je ne peux pas prendre l’annuaire du téléphone pour envoyer des vœux à tout le monde. C’est plus pratique pour le président Chirac ou le pape qui envoient leurs vœux à la télé à tout le monde en même temps, tant pis pour ceux qui ne regardent pas cet appareil. Je vous rassure, je n’étais pas seule le jour de noël et j’ai repris trois fois de la bûche, c’était du pâtissier et pas sous plastique de l’hyper U. Voilà pour mes nouvelles. Comme je suis actuellement disparue on parle moins de moi, mais il y a quand même eu un article sur le Ouest-France d’hier.

Voilà, Bonne année 2006 et pour la  santé, que cette lettre vous trouve de même

Ernestine Chassebœuf


 

 


Le  2 février 2006

à  Mme Annick D.

 

Chère   Madame,

Merci  beaucoup pour votre lettre qu’on m’a fait passer là où je suis actuellement. Je ne vous dis pas où, mais ne le répétez pas puisque je suis disparue c’est mieux comme ça. Pour le théâtre, ce n’est pas moi qui suis sur scène mais des comédiens professionnels et j’aurais pas fait mieux moi-même. Si vous avez l’occasion ils joueront à Angers au début de juin au nouveau théâtre mais la scène sera à Pellouailles les Vignes, faudra vous renseigner vite, je crois qu’il n’y a déjà presque plus de places. J’ai connu autrefois un monsieur qui boitait un peu et qui s’appelait comme vous, il vendait des légumes, c’était peut-être de votre famille.

Voilà, merci encore de votre lettre et de votre travail avec tous ces vieux et vieilles comme moi et j’espère que cette lettre vous trouvera de même, mais le plus tard possible,

Ernestine Chassebœuf


Le 11 juillet 2006

Bonjour chère Ernestine,

Je viens de trouver vos deux recueils de lettres, ici, à ma bibliothèque. Je les ai lus cette nuit. Quel régal, vous êtes une vraie pamphlétaire ! Énergique, courageuse et très intelligente, pleine de ce bon sens paysan qui disparaît. En outre, vous êtes plus jeune que bien des jeunes. Encore bravo et merci très personnellement,  car figurez-vous que je suis un peu votre double, car je fais la même chose à un autre niveau (surtout défense de la belle langue française qui n'a plus la cote !)

Peut-être vous fera-t-il plaisir de lire mes propres coups de gueule ? Grâce à vous, je me sens moins seule dans mon propre combat. Je vais d'ailleurs écrire à votre éditeur pour le féliciter d'avoir découvert et lancé une personnalité aussi brillante et attachante que vous.

Je vous embrasse, si vous le permettez.

Janine S


Le 3 septembre 2006

à  Margot B., du Petit Pavé

 

Chère   Margot,

Je viens juste d’avoir ta lettre du mois d’avril, parce que je ne suis pas facilement joignable pour cause de disparition, comme tu l’as lu dans le volume 3 de mes lettres. Enfin j’ai quand même eu ton courrier là où je me trouve. Tu peux toujours écrire à Coutures, ça finit par arriver, on peut dire merci à la poste et pourvu que ça dure. Je n’ai mis que 4 mois à te répondre alors que tu me dis avoir attendu 5 mois pour te décider à m’écrire, on est pas des rapides, toutes les deux. Enfin tu m’avais donné un an pour répondre, je suis quand même un peu en avance.

C’est bien gentil tout ce que tu me dis, que je suis ta lumière et tout ça, mais c’est un peu pour ça que j’ai disparu, on commençait à me prendre pour le Messie et à penser que je pourrais faire des lettres pour résoudre toutes les misères du monde et même plus loin encore. J’ai écrit tout ça pour secouer un peu les choses et aussi pour rigoler un peu, mais maintenant c’est à vous tous de prendre le relais, je suis trop vieille, et en plus disparue, c’est un obstacle majeur. Pour le reste, tu as bien raison d’être athée, surtout à Saint-Jean-des- Mauvrets, ça doit pas être facile. Quand j’habitais dans les Mauges, les athées on nous disait de leur lancer des pierres. Je l’ai jamais fait, même petite. Le boulanger voulait pas vendre le pain à l’institutrice de la laïque, fallait qu’elle fasse son pain elle-même après l’école. Enfin, la religion a bien mis de l’eau dans son vin de messe et c’est pas plus mal. Faut pas avoir honte de ce que tu écris, c’est bien tourné, et pas de fautes d’orthographe. Tu as un Larousse pour les corriger ? Je pense que tu es  une bonne élève, tu dois aller au lycée des Ponts-de-Cé. J’espère que tes parents t’ont pas mise chez les bonnes sœurs, avec tes idées tu serais malheureuse.

Je te souhaite une bonne rentrée, merci de m’avoir écrit, si tu réponds mets l’adresse à Coutures, le facteur est débrouillard et j’espère que cette lettre te trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 27 avril 2007

Chère Ernestine

Ma belle-fille m'a parlé de vous et de toutes ces lettres que vous envoyez à tous ces gens qui respectent plus rien. Je trouve que vous avez bien raison ! J'ai moi-même arrêté d'avoir le téléphone, je ne recevais que des publicités pour des cuisines intégrées ou des congélateurs. Des fois ça m'aurait intéressée mais quand je leur disais mon âge, tout d'un coup, ils voulaient plus me faire crédit ! Alors qu'à l'époque j'étais encore toute jeune puisque j'avais dans les 70 ans. Je vais maintenant sur mes 86, c'est pas maintenant que je vais refaire mettre ce téléphone, alors je vais peut-être bien faire comme vous et écrire ce que je pense à tout le monde. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous imiter un peu, je crois pas d'ailleurs que je saurai faire aussi bien que vous, mais entre veuves, on peut bien s'entraider, croyez pas ? Excusez-moi de pas vous écrire à la main, j'ai tellement d'arthrite que ça m'est de plus en plus difficile. C'est ma belle-fille qui tape sur son ordinateur.

J'espère que ma lettre vous trouvera en bonne santé.

Eugénie S., veuve C


Le  vendredi 25 février 2011

Chère Ernestine

Tout comme vous, je fais les mots croisés du Canard Enchaîné. D'abord il faut que je vous dise que, moi je l'achète le Canard Enchaîné. Ce n'est pas bien de se contenter de le lire chez les voisins. Si tout le monde faisait comme vous, ils seraient payés combien les ouvriers ? Et les journalistes ?  D'accord certains journalistes sont bien payés, mais surtout ceux de la télévision. Peut-être qu'ils ne sont pas des vrais journalistes.  Bon pour les mots croisés je trouve aussi les "S" et des fois les "ent". C'est seulement la semaine suivante que je peux remplir la grille. Cela fait mieux quand je passe mon journal aux voisins. Eux, ils ne l'achètent pas, mais je leur passe quand même parce que sans cela ils ne liraient que le Figaro. Moi personnellement, je leur prends le Figaro pour allumer le feu dans ma cheminée. Pour les mots croisés, j'ai un problème parce que je ne comprends pas toutes les réponses. J'avais l'intention d 'écrire mais je n'aime pas trop qu'on sache que je ne suis pas astucieuse. Alors, comme au Canard, ils savent déjà que vous n'êtes pas très douée en mots croisés du Canard Enchaîné, c'est pas grave si c'est vous qui demandez de mettre des explications avec les solutions.

C'est tout !

J'espère que vos pieds sont moins gonglés depuis que vous avez quitté votre troglo. Moi je vis en Bretagne et les problèmes sont plutôt du côté de la hanche.

Augustine Leslagadec*

*1,  ce n'est pas mon vrai nom, il n'y pas de raison qu'il n'y ait que vous à prendre un pseudonyme

 2,  mon vrai nom est parait-il celui d'une très ancienne tribu gauloise belge, c'est vous dire !


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