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Brisset en mie de pain

Pour en savoir plus

 

Jean-Pierre Brisset

30-10-1837... 2-9-1919

Cousin supposé putatif par alliance

Elu Prince des Penseurs le 6-1-1913

Jean-Pierre Brisset après de longues années d'étude et d'observation des grenouilles dans les marais angevins, publie plusieurs ouvrages défendant la thèse de l'origine batracienne de l'homme. En 1913, Jules Romain découvrant cette oeuvre originale, a l'idée d'organiser un canular : Jean-Pierre Brisset sera élu Prince des penseurs.

Après ce jour de gloire, de nombreux écrivains s'intéressent à l'oeuvre de Brisset parmi lesquels : Max Jacob, Raymond Queneau, Marcel Duchamp, Michel Foucault et André Breton qui lui apportera une gloire posthume en lui consacrant un chapitre de son Anthologie de l'humour noir.


André Breton


Anthologie de l’humour noir.
 

L’idée maîtresse de Jean-Pierre Brisset est la suivante : " La parole qui est Dieu a conservé dans ses plis l’histoire du genre humain depuis le premier jour, et dans chaque idiome l’histoire de chaque peuple, avec une sûreté, une irréfutabilité qui confondront les simples et les savants". D’emblée, l’analyse des mots lui permet d’établir que l’homme descend de la grenouille. Cette trouvaille qu’il tend à légitimer, puis à exploiter par un jeu d’associations verbales d’une richesse inouïe, corrobore pour lui la constatation anatomique que " la semence humaine, vue au microscope, est telle qu’on croirait voir une flaque d’eau pleine de jeunes têtards de grenouilles, les petits êtres de cette semence en rappellent complètement la forme et les allures". Ainsi se développe, sur un fond pansexualiste d’une grande valeur hallucinatoire, et à l’abri d’une rare érudition, une suite vertigineuse d’équations de mots dont la rigueur ne laisse pas d’être impressionnante, et se constitue une doctrine qui se donne pour la clef certaine et infaillible du livre de vie. Brisset ne cache pas qu’il est ébloui lui-même de l’éclat du présent qu’il apporte à l’homme et qui doit lui conférer la toute-puissance divine. (…) Il s’annonce lui-même comme le septième ange de l’Apocalypse et l’Archange de la résurrection.

Dessin de Quentin Faucompré


Brisset par Raymond Queneau

Brisset parle peu de lui-même, mais il nous apprend qu’il a été "religieux et zélé jusqu’à l’illuminisme, " mais que " débarrassé... de toute superstition il trouve dans le calme d’une conscience honnête une tranquillité qu’il n’avait jamais connue".
Cet athéisme ne l’a jamais empêché de prophétiser — ce qui, en effet, n’a rien de contradictoire. Il faut même ajouter que dans le cas de Brisset, il n’a pas hésité devant les dates. Ne dit-il pas en 1906, dans Les Prophéties accomplies: " Nous savons que ce ne sera qu’en 1945 que l’ère de paix, de justice et de liberté du royaume de Dieu sera véritablement commencée. La septième coupe donne le signal de la destruction de toutes les religions et de tous les actes
religieux animaux ou visibles. "
Comme tant d’autres, Brisset se goure : les actes religieux animaux ou visibles n’ont pas disparu avec l’avènement de l’ère de paix, de justice et de liberté (tout de même, 1945... c’est une date). Et Brisset ajoutait: " Chacun se contentera d’être homme et nul n’acceptera d’être un homme supérieur." Nous ne sommes donc pas encore entrés dans l’ère brissetienne. Mais quoi ? Du moment qu’il a vu le problème, on peut bien excuser Brisset de s’être trompé sur la date de la solution.


Préface à la Grammaire logique, 1970

Quand ils partent à la recherche de l’origine du langage, les rêveurs se demandent toujours à quel moment le premier phonème s’est enfin arraché au bruit, introduisant d’un coup et une fois pour toutes, au-delà des choses et des gestes, l’ordre pur du symbolique. Folie de Brisset qui raconte, au contraire, comment des discours pris dans des scènes, dans des luttes, dans le jeu incessant des appétits et des violences, forment peu à peu ce grand bruit répétitif qui est le mot, en chair et en os. Le mot n’apparaît pas quand cesse le bruit; il vient à naître avec sa forme bien découpée, avec tous ses sens multiples, lorsque les discours se sont tassés, recroquevillés, écrasés les uns vers les autres, dans la découpe sculpturale du bruissement. Prisses a inventé la définition du mot par l’homophonie scénique….
Brisset est juché en un point extrême du délire linguistique….Tout ce qui est oubli, mort, lutte avec les diables, déchéance des hommes, n’est qu’un épisode dans la guerre pour les mots que les dieux et les grenouilles se livrèrent jadis au milieu des roseaux bruyants du matin.

Michel Foucault


Ernestine écrit partout Vol.2, page 102 (...)Depuis que mon petit-fils a trouvé 28 Jean-Pierre Brisset dans le Minitel, je ne suis plus trop sûre que ce soit de la famille, mais ne l'ébruitez pas, maintenant que j'ai fait tout ce tintouin, de quoi j'aurais l'air si je présume moins mon cousinage qu'au début ?(...)

Une chose est sûre, c'est qu'une cousine légitime ne bataillerait pas plus pour la réhabilitation de son cousin.


Le Brisset sans peine. Textes choisis et adaptés par Gilles Rosière

Illustrations de Quentin Faucompré

Mots à lier est son adaptation au théâtre, interprétée par Bernard Froutin



Le 5 février 2001

à Monsieur  Marc Vion, spécialiste au Courrier de l’Ouest

 

Cher  Monsieur

J'ai lu sur le courrier ce que vous avez écrit sur Madame Bovary. C'est assez bien fait comme roman, même si je ne suis pas aussi enthousiaste que votre Sophie Leroyer de Chantepie.  Ses lettres je ne les ai pas lues et pourtant les lettres ça m'intéresse, vu que je suis un peu épistolière aussi, mais la pléiade, j'ai déjà essayé d'en lire, c’est écrit trop petit et il y a tellement de pages que ça décourage, à la longue.

Pour votre Sophie, vous avez sûrement des bonnes raisons de vouloir lui donner un nom de faculté, mais je tiens à vous prévenir, j'ai réservé la faculté  Saint-Serge et la piscine Jean Bouin pour mon cousin présumé Brisset Jean-Pierre, employé des chemins de fer à Angers et Prince des penseurs à Paris. Faudrait pas qu'on se tire dans les pattes, on travaille tous les deux pour la bonne cause et si vous signez ma pétition, je signerai la vôtre, pas de problème entre nous. Si vous voulez la faculté de Belle-Beille, je dis d'accord, je vous laisse même tout le quartier rive droite de la  Maine, mais alors ne demandez rien sur la gauche, c'est là que mon cousin travaillait, ça tomberait au mieux. Avant les élections municipales c'est le moment de réclamer, si on n’obtient rien maintenant, faudra encore attendre un sixennat et je serais sûrement plus là, vu mon âge avancé. Voilà, c'est tout ce que je voulais vous dire, si vous voulez me répondre mon adresse est bonne et j'espère que ma lettre trouvera de même,

 Ernestine Chassebœuf



Le 4 Avril 2001
 

à M. Algoud, radioreporter à France Inter
 

Mon cher Albert,

on m'a dit que vous m'aviez saluée sur votre radio, alors je vous en remercie. Je me suis fait donner un livre pour vous par mon voisin, c'est encore sur mon cousin Brisset, celui des chemin de fer. Il était un peu original, mais pas méchant et ses textes vont être mis en théâtre, mais comme c'est pas un spectaclinter ni un livrinter, on en parlera pas autant qu'il faudrait pour le réhabiliter comme Seznec. Pourtant on le traite de fou littéraire, ce qui est assez insultant pour la famille. Si vous voulez signer la pétition ça nous ferait du bien, c'est quand même une cause qui vaut la peine, j'ai fait pas mal de lettres dans ce sens, je vous en envoie 3 pour vous montrer. J'en envoie aussi un à Polac, des fois il parle d'auteurs que personne ne connaît et qui sont pas des livrinters non plus.
Voilà, je vous souhaite des bonnes vacances de Pâques, si vous en prenez, à vous et à votre famille, et j'espère comme d'habitude que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chasseboeuf


Le 4 avril an deux mille et un

à M Polac, reporter littéraire à France-Inter

 

Monsieur Polac,

je vous écoute des fois le jeudi soir, mais pas souvent parce que vous me donnez envie de lire et j'ai pas de sous pour acheter des livres, et en plus on a pas de librairies dans nos campagnes, juste à Gennes et c'est un peu loin.

On m'a fait cadeau de plusieurs livres sur mon cousin Brisset à cause de la pétition et du spectacle qu'il va y avoir pendant la semaine sainte à Angers. C'est bien choisi, comme date, si mon cousin vivait encore, il serait content, lui qu'aimait pas les papes et les curés. Je vous en envoie que j'ai en double ou triple, si ça vous dit d'en parler, faites comme vous voulez, je vous en voudrais pas pour ça non plus. Si vous voulez venir au spectacle, je vous invite, moi j'irai le dimanche pour pas me coucher trop tard et j'espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chasseboeuf

 


Le 22 janvier an deux mille deux

à M Algoud, La partie continue à France-Inter

 

Mon cher Albert,                                                                                                                           

ce petit mot pour vous souhaiter la bonne année. De mon côté j'ai bien failli ne pas terminer le mois de janvier, je me suis étranglée avec un os de lapin en écoutant la radio quand ils ont dit que Bouche s'était étranglé avec un gâteau d'apéritif, comme quoi la puissance des américains c'est pas que des vantardises, surtout que les os de lapin y'a pas plus dangereux pour les intestins. A part ça, j'ai entendu dire au poste que vous veniez à Angers pour le Cinéma. Vous serez sûrement très occupé mais si des fois vous aviez des congés de reste à prendre, je vous inviterais à passer quelques jours chez moi jusqu'au spectacle sur mon cousin Brisset à Angers le 8 février à la salle Jean Vilar. Puisque vous avez signé ma pétition la pièce vous intéresserait sûrement, je l'ai vue c'est très bien, j'ai tout compris et on ne s'ennuie pas du tout. En plus le 30 janvier, il y aura un cours publique de natation par la méthode Brisset près du grand bassin du jardin du Mail. Si vous savez pas nager tachez d'y venir, à notre époque ça sert toujours, surtout là où vous travaillez,  près de la Seine.

Je vous souhaite un bon séjour, une bonne année sans trop passer Vanessa Paradis surtout quand elle fait la Jeanne Moreau, un bonjour à Polac et que ma lettre vous trouve de même,

Ernestine Chasseboeuf



Le 22 janvier an deux mille et deux

à Madame C. Paris

 

Madame,

C'est Monsieur Laurendeau qui m'a dit que vous pouviez vous intéresser à mon courrier. Donc je vous en ai recopié une première série. Si ça vous intéresse vraiment, dites le moi, je vous enverrai la suite. Pour l'instant je m'occupe surtout d'une affaire qui me préoccupe, c'est pour que mon cousin Brisset ait enfin une rue à Angers, ce qui serait justice vu qu'il a beaucoup fait pour la cause des grenouilles et aussi de la philosophie du langage humain. Je vous envoie la pétition, si vous pouviez la faire signer autour de vous, ça serait bien, on sera jamais trop pour défendre les grandes causes.

Voilà je vous embrasse, ici il fait un temps splendide et j'espère que ma lettre vous trouvera de même, malgré la pollution parisienne,

Ernestine Chasseboeuf


Le   5 février  an deux mille et deux

à  Monsieur  Onfray, Philosophe

                

Cher  Monsieur,

 Je vous ai écouté ce soir à la radio avec Algoud, j’ai pas tout compris, sauf que vous êtes pour les bibliothèques gratuites. Justement moi aussi et en toute modestie, ils ont même fait un livre avec mes lettres aux écrivains  et la  Ministre en le lisant a décidé de tout laisser gratuit comme avant.  Mais c’est pas pour  m’envoyer des fleurs que je vous écris, c’est à propos de philosophie. J’ai un cousin philosophe et professeur de natation , qui a travaillé à Angers mais qui est bien oublié  aujourd’hui et c’est injuste. Alors j’ai décidé de lancer une pétition. Je vous l’envoie, si vous pouvez la signer et la faire signer, ça me ferait plaisir. Pour la philosophie, j’y comprends pas grand chose, moi c’est plutôt les romans, mais il en faut pour tout le monde et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le  21 mai an deux mille et deux

à  Monsieur  M., directeur du Revenu

 

Monsieur,

c’est par hasard que j’ai lu votre revue. Ça fait plusieurs semaines que je  la ramasse dans la poubelle des voisins, apparemment ça les intéresse pas vu qu’ils ouvrent même pas la pochette pour la lire, je me demande bien pourquoi ils se sont abonnés, il y en a qu’ont bien de l’argent à foutre par les fenêtres. Sinon, rien à dire c’est des gentils voisins et très serviables. Bon, si je vous écris c’est à cause de votre dernier numéro, celui qui parle du cinéma. Je croyais que pour une fois ça m’intéresserait, mais pas de chance, c’est comme d’habitude, ça ne parle que de fric, ma parole vous ne pensez qu’à ça !

Il y a des photos de films qu’on aimerait bien voir, ou au moins avoir le résumé comme dans Télérama, mais vous le cinéma c’est qu’un prétexte, on voit bien que c’est à cause des sous que vous en parlez.. Je voudrais quand même vous demander des renseignements supplémentaires sur le film de la page 38 : La prophétie des grenouilles, est-ce que ça parle de mon cousin Jean-Pierre Brisset qui a été prophète de beaucoup de choses et spécialement des grenouilles ? Si c’est bien un film sur lui, j’irai le voir si je suis encore vivante à Noël 2003, si je ne suis plus vivante à cette date envoyez-moi un résumé dans la mesure de vos possibilités et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 23 mai an deux mille et trois

 à  M. Jean-Bernard Pouy

                 

 Cher  Monsieur,

Je vous envoie le livre qu’ils ont fait avec mes lettres, je vous dois bien ça puisque vous vous êtes pas fait prier pour signer ma pétition. C’est aussi pour que vous en fassiez acheter à votre famille.  Ça sera toujours ça de vendu et ça leur fera sûrement plaisir de voir votre nom page 97.  Moi en tous cas ça fait plaisir aux gens que je connais, surtout quand je parle pas d’eux dans mes lettres.

On m’a passé votre dernier livre qui parle du Lycée Henri quatre, j’ai trouvé ça bien, continuez comme ça, laissez tomber les histoires de pommes de terre *, ça vous vaut rien et j'espère que ma lettre vous trouvera de même, 

Ernestine Chassebœuf

 

Post  Scrotum :  Pour la rue Brisset à Angers, pas de nouvelles.

* La Belle de Fontenay est le nom d'une pomme de terre très appréciée par Ernestine


Le  17 juin an deux mille et trois

à  M. Jacques Vallet

 

Cher  Monsieur,

 J’ai eu votre adresse par mon ami le poète Jules Mougin.  Il m’a parlé  si bien de vous  que je me suis fait apporter d’Angers un roman policier que vous avez écrit, un qui se passe dans un journal.  Malheureusement chez l’imprimerie Floch ils savent plus faire les livres et j’avais à peine commencé que toutes les pages se sont décollées, faudra leur dire. Je l’ai payé au prix du neuf et pas d’occasion sur un vide-greniers comme d’habitude. Je l’ai recollé avec de la colle forte que je fais avec de la farine et des arêtes de sardines mais c’est pas aussi beau que le neuf, loin de là. J’ai des livres de poche de Brodard et Taupin qui datent de 1953, il tiennent mieux le coup que ça, pourtant l’imprimerie est à Mayenne aussi.

Bon, j’arrête de râler, je voulais juste vous demander si vous pouviez signer la pétition pour mon cousin Brisset, ci-jointe comme il se doit.

Vous verrez que plusieurs papous ont déjà signé, mais Françoise Treussard et Bertrand Jérôme, rien à faire.

Je vous envoie aussi une publicité pour un spectacle qui va se faire à Avignon, moi j’irai pas c’est trop loin, surtout avec mes jambes et j’espère que ma lettre vous trouvera de même

Ernestine Chassebœuf


 

Manif à Paris


Fin  mars 2004

 à Monsieur le Maire,

Monsieur le Conseiller général,

Monsieur  Monnier,

 

J’aurais aimé pouvoir vous lire ce discours de vive voix par moi-même, malheureusement je suis immobilisée à Coutures pour des raisons médicales sur lesquelles je ne m’étendrais pas. Ce n’est pas le lieu sur un quai de gare pour raconter ses misères, même si c’est juste une histoire de pieds, mais j’ai dit que je n’en parlerai pas donc j’arrête là.

J’ai cherché un modèle ferroviaire sur mon livre de discours. Je n’ai trouvé  que : 

Discours prononcé sur un quai de gare par une enfant de  Marie  accueillant un aumônier unijambiste de retour de Verdun . C’était difficile à adapter à votre situation, j’ai donc été obligée d’en  écrire un moi-même, vous voudrez bien m’en excuser.

Je vous demanderai avant de commencer de faire un pas vers la gauche, voilà vous y êtes... Vous êtes juste à l’emplacement où mon cousin putatif Jean-Pierre Brisset a été  accueilli le 12 avril 1913 par Jules Romains et ses amis. A mon avis on l’avait surtout invité pour se moquer de lui, mais pour vous ce n’est pas le cas, du moins que je sache.

 Si vous ignorez que j’ai entrepris une croisade pour obtenir une rue Jean-Pierre Brisset à Angers, je vous l’apprends. J’ai même fait signer une pétition pour ça, sans succès. Pour Paris le maire Delanoë m’a répondu qu’il manquait de rues à baptiser. Il ne nous reste donc plus que les petites communes, comme la vôtre, le Puy-Notre-Dame.

Je sais que votre paroisse est  déjà dépositaire de la ceinture de grossesse de la Vierge  Marie, mais  ça ne suffit certainement pas au tourisme de notre époque depuis qu’on ne croit plus trop à toutes ces âneries, aussi je vous demande d’être la première commune rurale à honorer Jean-Pierre Brisset.

Quand le langage a été inventé par les grenouilles, les villes n’existaient pas, c’est donc aux campagnes françaises, aux campagnes angevines et particulièrement au Puy-Notre-Dame de porter haut le flambeau de la lutte pour la reconnaissance de notre origine batracienne.

Je terminerai, à la manière de mon cousin Brisset en rappelant que jusqu’à présent la vierge n’a pas été beaucoup entendue dans votre commune : peu entendue, la vierge...   peu ouïe, Notre-Dame...     Puy  Notre-Dame...      il est donc temps que les grenouilles prennent le relais et fassent entendre enfin chez vous la voix de nos origines, pour moi ça ne fait aucun doute et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

 Ernestine Chassebœuf


Je vous joins le texte de ma pétition pour que vous la fassiez signer autour de vous.  


9 avril 2004

Cher  Monsieur,

Mon voisin m’a dit que vous vouliez la photo, je l’ai fait agrandir  par un ordinateur. Mais faut aussi que je vous raconte l’histoire qui va avec.

C’est Eugène, le commis qu’on avait pris pour les battages. C’était un gros costaud mais comme il avait monté les sacs de 100 kilos au grenier toute la journée, le lendemain  il tenait plus sur ses pattes, surtout avec ce qu’il avait bu la veille au soir. Chassebœuf l’a mis à nourrir la batteuse avec les gerbes et il s’est un peu endormi c’est pour ça qu’il  a passé les mains dans la machine. Il est resté 6 mois à l’hôpital mais quand il est sorti il a touché un gros paquet par l’assurance. On ne l’a revu que quand il est venu nous porter un cadeau pour nous remercier, vu que c’était bien grâce à nous qu’il avait plus besoin de travailler. C’est là que j’ai fait la photo, comme vous voyez ses dix doigts y sont passés, ici un doigt on appelait ça un di, comme l’écrit mon cousin Brisset dans ses livres.

Voilà donc la photo des dis cassés, mais ce que je me demande  c’est comment vous avez pu savoir cette histoire, vous l’avez connu, Eugène ?

A part ça mon deuxième livre de lettres va bientôt être dans les librairies, ils ont mis ce que j’ai écrit pour la rue Brisset, j’espère que ça fera avancer notre affaire et que ma lettre vous trouvera de même

Ernestine Chassebœuf


 

Le 24 août  2004

à Jérémy  M.

 

Cher Jérémy,

C’est dommage que tu ne restes pas les fins de semaine à Paris parce que justement c’est là qu’on va jouer Brisset, surtout des samedis et dimanches, je t’envoie la réclame quand même, si tu as des amis. Je te tutoie à cause de l’âge quatre fois supérieur en nombre, j’ai calculé ça te fait 23 ou 24 ça ne tombe pas juste. J’ai deux ans de plus que Jules mais on dirait pas qu’il y a tant de différence.

J’ai reçu en même temps que la tienne une lettre d’une Véronique qui a l’air de s’embêter  Si elle était à Paris je t’aurais donné l’adresse mais la Bretagne ça fait loin. En plus c’est pas sûr que vous pourriez vous entendre, même si vous lisez les mêmes livres et que ça vous plait, je vous en remercie.

  Clic

Je ne connais pas ce Quinet d’Angers ? C’est pas de la famille.  C’est pas ce Comte qui a inventé le Guignolet et qui écrivait des livres sur les serpents de mer ?

Voilà, merci de ta lettre, j’espère qu’il fait un peu moins chaud chez toi, ici c’est bien tempéré et j’espère que ma lettre te trouvera de même

Ernestine Chassebœuf



Le 27 août  2004

à Monsieur Cueco  Henri

 

Cher  Monsieur,

J’ai lu avec plaisir le livre sur votre jardinier, vous m’avez même fait jeter une larme à la fin. On m’a trouvé votre adresse, j’espère que c’est la bonne. On m’a dit qu’on vous entendra plus aux décraqués,* j’espère que c’est une blague, j’avais  acheté une radio spécialement pour ça, pas pour écouter le procès de Claus Barbie, ça rappelle trop de mauvais souvenirs. 

Réédition (Film)

Vous pourrez dire à Laure Adler qu’elle m’envoie direct à la tombe, c’est un peu du chantage mais faut se servir des moyens qu’on a.

Je vous envoie mon premier recueil de lettres, j’espère que vous ne l’avez pas déjà. Je vous mets aussi la pétition pour mon cousin Brisset, j’ai déjà Pouy et Caradec comme signatures de papous. Vous trouverez aussi une invitation   pour un spectacle à Paris, je l’ai vu 12 fois, vous allez voir c’est bien fait, et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

* Emission de  France Culture, supprimée en juillet 2004 par la directrice de l'époque, Laure Adler. Le titre de l'émission avait été inspiré d'une parole de Reiser.


Martigné-Briand,  le 21 Octobre 2004

A madame Ernestine  Chassebœuf, 49320 Coutures

 

Chère Madame,

En premier lieu, je veux vous remercier d'exister. Vivez longtemps, écrivez longtemps car j'ai,  nous avons tous besoin de votre bon sens vrai et malicieux, de votre optimisme, de vos remarques pertinentes sur la vie de tous les jours et sur l'autre, celle que "les gens d'en haut" inventent en oubliant que vous et moi existons en bas !

 J'ai lu tous vos livres, je suis votre activité sur Internet, je n'ai pas encore signé la pétition pour Jean-Pierre Brisset, c'est un tort mais je n'ai pas fini son livre que ma fille m'a offert. J'ai "converti" (pardon à vous l'incroyante) mes amis et proches à vos écrits, j'ai lu hier après-midi votre volume " La brouette et les deux orphelines" que j'ai pu me procurer gratuitement à la bibliothèque d'Angers. J'ai fait une découverte dont vous parlez peu dans vos autres volumes. Vous avez eu des enfants ? (...)  Ma lettre, à part le fait de vous transmettre mon admiration et mes remerciements pour les nombreux fou rires que vous m'avez provoqués, ma lettre donc est envoyée pour vous avertir. J'ai peur pour vous, je trouve que trop de gens cherchent à savoir qui vous êtes en réalité. Chacun suppute, d'aucun jure vous avoir rencontrée, eue au téléphone. Un autre dit que vous êtes un collectif d'ami(e)s et que seul l'un d'entre vous écrit. Un affirme que vous êtes un homme, l'autre que vous êtes bien plus jeune que vous ne le laissez croire etc... Je fais partie des curieuses bien sûr mais je ne voudrais pas savoir au fond, le mystère est bien plus agréable. (...) Monsieur Quent vient donner des cours d'aquarelle et "on" sait qu'il vous a fourni un tableau. Il en est très fier, il me l'a dit. (...) Pour ce qui est de votre "parent" le Prince des Poètes, c'est un peu dur à suivre. J'en lis un morceau par ci, un autre par là.  (...) Vous allez rire, l'autre jour, on m'a demandé si par hasard, je n'étais pas Ernestine. J'ai répondu que c'était un très beau compliment que l'on me faisait et que je regrettais de ne pas avoir votre sagesse et votre âge. La malice, je sens qu'on pourrait la partager et bien rire ensemble.

Je vous présente mes salutations les plus respectueuses et amicales si vous le permettez Madame.

Restant votre honorée

Madame E.


Le   2  décembre 2004

à Madame E. à Martigné-Briand

 

Chère madame,

Je perds un peu la boule, je me demande si je vous ai répondu. En principe je garde les brouillons mais comme je ne trouve rien, j’ai dû oublier de répondre à votre longue lettre, faudra m’excuser c’est l’âge. Tout ce que vous dites de moi me ferait presque monter le rouge aux joues mais avec les taches de vieillesse ça se voit plus et c’est pas dommage. Quand j’étais plus jeune j’avais peur de rien ce qui m’empêchait pas de rougir à tout bout de champ, allez y comprendre quelque chose.

Édition revue et complétée

Je ne sais pas quel livre de Brisset vous avez lu, le plus facile c’est le Brisset sans peine, il n’y en a plus mais il sera relancé au printemps avec sans doute un spectacle. Avec le spectacle on comprend mieux qu’en lisant le texte, la grammaire c’est difficile surtout quand tous les exemples parlent de grenouilles.

Vous me parlez de mes enfants, je n’en dis rien parce que tous ne sont pas d’accord pour qu’on parle d’eux, ils ont peur que des Voici et des Voilà viennent leur poser des questions sur moi. On est tous un peu timides dans la famille et comme vous le dites, on se donne assez de mal pour entretenir le mystère, c’est pas pour aller donner des indices sur qui je suis ou pas. Il faut se contenter de lire les livres. Les gens qui croient pas au Père Noël  ils refusent pas les cadeaux, alors prenez les cadeaux et tant pis si on voit pas la moustache du Père Noël.

Clic !

Monsieur Quent se vante un peu, il devait venir me voir mais quand il est passé sans prévenir avec ses élèves, j’étais au marché à Brissac et il ne m’a pas trouvée. En plus il a dû garder son tableau, je ne l’ai jamais vu. Je ne sais pas si vous avez vu le spectacle de la Compagnie Métis.  Je trouve qu’ils se débrouillent pas mal avec mes lettres. Ils ont transformé ça en théâtre, avec même des chansons, ça m’a bien fait rire, je vous envoie la carte, il vont venir à Montreuil-Bellay, je crois qu’il y a encore des places.

Voilà, merci beaucoup pour votre gentille lettre, vous voyez que je ne fais pas que râler comme on veut le faire croire et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

 Ernestine Chassebœuf


Le 25 mars 2005

à Monsieur Levraux

 

Cher Monsieur,

J’ai  écouté les disques de chansons chez mon voisin. C’est très bien, surtout quand vous chantez la chanson sur mon cousin Brisset.

Chez moi j’ai pas d’appareil pour écouter, et chez mon voisin  maintenant il n’en a plus non plus, c’est cassé depuis quelques jours, comme sa télé et même son kodak.  Moi c’est pareil j’ai un rayon de cassé à la brouette et  je me demande s’il y aurait pas une malédiction sur le quartier.

Je vous fais passer des petits cadeaux parce que j’ai fait du ménage de Pâques et si je dois mourir cette année, autant que mon troglo soit propre et que mes héritages soient faits de mon vivant plutôt que d’aller à la benne puisqu’il y a plus de dépotoirs. Je vous ai mis une photo de bateau-lavoir, c’est moi qui l’avais prise, c’est Chassebœuf qu’est dans la barque, un vieux livret de chansons d’Angers, si des fois vous refaites un disque mais  le mieux c’est la cassette  de télé.

Le premier film en couleurs ça vaut rien, faut passer, mais le deuxième a été tourné avant l’invention du cinéma et je sais que vous l'aimerez beaucoup. La qualité est pas très bonne mais à l’époque on n’avait pas tout le matériel comme maintenant, faut les excuser.

Voilà, j’espère que mes cadeaux vous feront plaisir, ici il fait bon jardiner  et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 15 avril 2005

à Monsieur C.

 

Monsieur,
 
On m’a donné des photocopies d’un journal pour les professeurs où vous parlez de mon cousin Jean-Pierre Brisset. Je vous avoue que votre article ne m’a pas plu du tout. Je me donne beaucoup de mal pour obtenir une rue pour lui à Angers et je vois que vous faites tout pour salir sa mémoire en commençant par deux insinuations insultantes pour les chemins de fer.
Que pouvait bien être un surveillant de gare ?... Excusez moi de vous dire que pour un professeur vous n’êtes pas très futé, un surveillant de gare surveille la gare comme un gardien de phare garde les phares, par exemple, n’allez pas chercher trop loin. Ensuite en demandant quels rapports un tel personnage pouvait entretenir avec la police vous laissez supposer qu’il pouvait avoir été un mouchard. Vous pensez peut-être qu’il avait inventé de toutes pièces la langue des grenouilles pour faire de l’espionnage ? Non vraiment votre article commence mal, d’autant plus que vous dites 1857-1923, alors qu’il est né en 1837 et mort en 1919, tout le monde le sait et ça prouve que vous écrivez votre article sans vous être renseigné, chose que vous pourriez reprocher à vos élèves s’ils vous parlaient de Charlemagne empereur en 820, Marignan 1535 ou la Révolution de 1769, ce qui ferait vingt ans d’écart aussi.
Votre démonstration des 40 ans tombe à l’eau puisqu’il avait 46 ans quand il a eu sa révélation, et tout le reste de votre article est du même tonneau ce qui n’est pas flatteur pour l’université grenobloise, à mon avis. Au bas de la première page vous parlez même de l’hygiène dentaire de l’époque ce qui frise la diffamation et est complètement hors du sujet, à mon avis.
" Calembours atroces, illisibles et pourtant message magnifiquement écrit "  d’après vous, vous n’avez pas peur de dire n’importe quoi et c’est un bavardage qui m’énerve.
Ce que je n’ai pas compris c’est pourquoi vous avez choisi mon cousin comme sujet de votre article puisque vous ne l’aimez pas. Je ne pense pas qu’on vous oblige à l’étudier à l’école, alors laissez-le à ceux qui l’aiment, continuez à étudier vos bons auteurs qui pensent comme il faut, ont les dents bien saines et ne surveillent pas des gares pour gagner leur vie comme on le faisait dans ces temps obscurs, voilà ce que j’avais à vous dire, je retourne à mes pommes de terre et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


 Le 13 mai 2005

Madame ou Mademoiselle,

Je ne sais rien d'autre de vous, sinon que vous avez lu l'article de lire au collège où il était question de votre cousin Jean-Pierre Brisset et que cet article vous a blessée. Je le regrette profondément, car il n'entre pas dans mes intentions de faire de la peine qui que ce soit. Je vous prie donc de croire que je n'ai jamais cherché à offenser ni la mémoire de Jean-Pierre Brisset ni aucun membre de sa famille. Lorsque j'écris, je traite des œuvres et non de leurs auteurs. Veuillez donc trouver ici l'expression de mon regret le plus vif.

Par ailleurs, je vous signale que j'ai pris les renseignements dont vous contestez l'exactitude dans deux ouvrages de Jean-Pierre Brisset, réédités en 1980 par les éditions Baudoin, La Grammaire logique et Les origines humaines (voir les couvertures, en page 4).

Quant à son métier, c'est Jean-Pierre Brisset lui-même qui affirme avoir été "officier de police judiciaire" (Introduction aux origines humaines, page 12 de l'édition Baudoin).

Bravo pour le beau timbre du prince des penseurs et de bonnes chances pour obtenir la rue J. P. Brisset à Angers.   

 Bien cordialement,                                                  

Albert C.


Le  21 avril 2005

à  Monsieur  Monnier,  Maire du Puy Notre-Dame et responsable du tourisme

 

Cher  Monsieur,

Encore merci de  ce que vous faites au Puy-Notre-Dame pour la mémoire de mon cousin et pensez bien à m’inviter quand vous fêterez la première rue Jean-Pierre Brisset de France. Je vous écris aussi pour une autre chose, je vous joins la lettre que j’ai envoyée au haras du Lion d’Angers, je ne sais pas si ça dépend de vous mais essayez donc quand même de faire quelque chose.

S’il faut la carte U pour aller voir les chevaux de l’Etat, on va bientôt vivre dans un immense supermarché et faudra traîner son caddie partout. Ça ne me fait pas rire, surtout pour nos  petits-enfants parce que pour moi c’est trop tard, je ne m’adapterai jamais à ce monde-là et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Le 28 juin 2005

à Monsieur Bartelt
 

Cher Franz,

Juste un petit mot pour accompagner ce livre sur Brisset qui vous intéressera j’espère. A une époque j’ai cru qu’il était de la famille et j’ai lancé une pétition à sa mémoire mais maintenant c’est sûr, ils ont vérifié, c’est pas ces Brisset-là qui étaient de la famille de mon mari. Je continue à faire comme si. Famille ou pas c’est un combat qui vaut la peine.

Il y a un spectacle qui va avec le livre, je l’ai vu plusieurs fois, on comprend tout sur l’origine de l’homme, il s’est pas trompé de beaucoup. On m’a donné plusieurs exemplaires parce que c’est la même collection que les livres de mes lettres et je vais donc vous en faire profiter pour vous remercier d’écrire des livres qui adoucissent mes derniers jours comme on dit dans les romans et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf

P. S. : Je n’avais pas l’auteur sous la main, j’ai mis un mot moi-même au crayon sans appuyer, vous pourrez l’effacer.



En voyage,  décembre 2005

Cher monsieur le maire d’Angers,

 

Vous vous souvenez sans doute que vous m’avez promis d’honorer mon cousin putatif  Jean-Pierre Brisset par une rue ou une place à Angers, un jour ou l’autre.  Si vous pouviez ne pas attendre trop, ça me ferait bien plaisir, ainsi qu’à tous les gens qui ont signé la pétition. Je ne sais pas si je pourrai être là pour l’inauguration vu que je suis actuellement disparue comme vous avez pu le lire dans les journaux.

La compagnie  Mêtis a mis la pétition dans son spectacle et je pense que beaucoup d’angevins vous seront reconnaissants de faire ce geste très attendu. Il est urgent d’honorer la mémoire d’un être exceptionnel qui a mis sa vie au service du chemin de fer angevin mais aussi des grenouilles et j’espère que cette lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf


Les maires se suivent mais le message est toujours d'actualité !

Pour ceux qui voudrait poursuivre la quête d'Ernestine
 

Pétition
 

- Copier et imprimer le texte ci-dessous
- Faites-le signer largement autour de vous (avec nom et adresse pour chaque signataire)
- Faxer la pétition
Fax : 02 41 05 39 00
ou
- Envoyez-la par voie postale à la Mairie d'Angers à l'adresse de Monsieur le maire
Mairie d'Angers
Boulevard de la Résistance et de la Déportation
B.P. 23527
49035 ANGERS CEDEX 01

 

Pétition pour Jean-Pierre Brisset

Les soussignés, dans le but d'immortaliser Jean-Pierre Brisset, Prince des Penseurs injustement oublié, ancien employé de chemin de fer à Angers, auteur de nombreux ouvrages de grammaire et de philosophie et même de méthodes de français et de natation, demandent à qui de droit de faire ce qu'il faut en conséquence, afin que sa mémoire ne soit pas oubliée à Paris où il fut élu Prince des Penseurs et à Angers où il écrivit la plupart de ses oeuvres tout en travaillant à la gare Saint Serge. Honoré et reconnu depuis longtemps par de nombreux auteurs : Jules Romains, André Breton, Robert Desnos, Marcel Duchamp, Raymond Queneau et j'en passe, Jean-Pierre Brisset, autant que certains et plus que d'autres, a bien mérité de la voirie. Nous demandons donc pour lui un nom de rue, de piscine, de gare, d'université ou de bibliothèque à Angers où il a vécu de longues années et à Paris où il a été couronné. L'inauguration pourrait se faire en 2005, pour le cent-unième anniversaire de sa retraite des chemins de fer, ou plus tard on n'est pas trop pressés, mais avant ma mort si possible,

                           Chasseboeuf Ernestine, retraitée, Coutures dans le Maine-et-Loire





La FERTÉ-MACÉ a honoré Jean-Pierre Brisset 


Niouses du 7-10-2016, par notre envoyé très spécial via Internenette



A Angers 

Voici, en avant-première, la future impasse du Prince des Penseurs (Jean-Pierre Brisset) Ce n'est pas la Place du Ralliement comme l'aurait souhaité Julien Gracq dans une correspondance avec Ernestine Chasseboeuf, mais c'est déjà ça...








St Florent, 16 mai


Madame

Je ne signe guère les pétitions, en effet, et je ne signerai pas la vôtre. Je m'en excuse, et je m'en console. En effet, les visées du Prince des Penseurs étant gigantesques, pour lui rendre un hommage calibré, il ne faudrait pas moins que débaptiser la place du Ralliement ou le boulevard Foch. Et vous risquez, hélas! de rencontrer là bien des difficultés.
            
Merci pour cet envoi, qui m'a réjoui et mis de belle humeur.

J.Gracq

Une impasse en partie innondable, vu l'échelle à l'étiage placée sur le poteau. Clin d'oeil aux grenouilles ?
L'inauguration devrait avoir lieu en 2017...

Toute photo sera la bienvenue ... A suivre



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